II. Attaque et défense du monopole. Proposition de M. Murard
de Saint-Romain Apologie de MM. Rendu, Taillefer, le
recteur de Bordeaux, Guizot, etc. — L'Université menacée.
XII. Conservation du monopole. — Nouvelles réclamations en faveur de la liberté. — MM. de lapYIennais et Benjamin Constant. — Les conseils généraux, etc. — . Derniers actes de la commission d'instruction publique.
Le système organisé par l'ordonnance du 17 février 1 8 1 5 n'était certainement pas la liberté; mais il pouvait passer pour l'augure de jours meilleurs. Il n'en fut rien. Ressuscitée par son fondateur, TU-
niversité recommença une existence nouvelle, sous la loi du provisoire. Toute son adresse s'épuisa à prolonger indéfiniment cet état de choses; elle y réussit, et la liberté, un instant encouragée, se vit réduite à de solennelles, mais à d'inutiles protestations.
I. Renaissance et maintien provisoire de l'Université. — La commission d'instruction publique.
Napoléon était arrivé le 20 mars aux Tuileries; le 3o il signa un décret pour le rétablissement « de l'Université impériale , telle quelle était organisée par le décret du 1 7 mars 1 808. » Les élèves du lycée Charlemagne demandèrent à être enrôlés parmi les défenseurs de la patrie. Cela suffit au ministre de l'intérieur Carnot pour déclarer solennellement à la tribune des représentants, dans son rapport sur la situation de l'empire : « L'enthousiasme que les élèves font éclater dans les lycées est admirable; les sentiments qui les animent ont été comprimés, il est vrai, mais ils n'en ont acquis que plus d'ardeur x.» Après les cent jours, cette ardeur était tombée, ou plutôt elle s'était métamorphosée. L'enthousiasme pour les Bourbons avait succédé à l'enthousiasme pour l'empereur, et l'Université, tremblante de nouveau, recommençait avec plus de persistance que jamais ses manœuvres pour la consécration de son monopole.
Tout ce qu'elle put obtenir, et c'était bien trop,
1 Moniteur au 1 5 juin i8i5.