IMPOSÉ , IL Y SERAIT ÉNERGIQUEMENT RAPPELÉ
O philosophie !
Un dernier trait manquait au tableau. Après les escarmouches contre les jésuites , après les audacieuses assertions des deux grands maîtres, il ne restait plus aux champions du monopole qu'à insulter l'enseignement ecclésiastique dans ses plus délicates et plus saintes attributions. M. Michelet avait eu le triste courage de faire quelques allusions à ce sujet ; le Journal des Débats se chargea de cette honteuse mission. Le voilà donc qui ouvre nos livres de théologie morale, qui torture les textes, qui fausse les citations, et qui présente dans un jour odieux, et en les accompagnant d'un commentaire à sa façon, les décisions des casuistes sur le sixième commandement de Dieu. Puis il ajoute: « Tels sont les ouvrages qui servent à l'éducation des jeunes prêtres , » et dans lesquels « sont hautement excusés y au nom du probabilisme jésuitique , le vol,
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le libertinage et les voluptés infâmes.» A pareille entreprise, le Journal des Débals ne pouvait rester seul; \e National, autre organe intrépide du libéralisme et de l'Université, se jeta à sa suite, et tandis que le premier s'ébattait aux dépens du Compendium de Strasbourg, le second fit ses délices des œuvres théologiques de Msr Bouvier, évêque du Mans. Seulement son langage se ressentit des aménités républicaines , et la même plume qui avait écrit des jésuites : « On ne vous doit, à vous, que /'expulsion! » traça les plus violentes invectives contre le prélat, contre le sacerdoce, et contre les sacrements de l'Eglise.
Cette phase impure du débat ne réussit pas à l'Université; elle n'en recueillit que l'indignation des honnêtes gens. Msr l'évêque de Strasbourg fit répondre, par un de ses grands vicaires; M§r l'évêque du Mans dédaigna d'aussi basses agressions; MSr l'évêque de Chartres prit en main la cause de l'épiscopat tout entier1; il flagella du même coup et les professeurs du collège de France et les publicistes téméraires qui insultaient l'enseignement des écoles ecclésiastiques.
Dans tous les séminaires on enseigne et Ton a toujours enseigné des règles qui se rapportent à tous les commandements de Dieu sans exception, même à ceux qui obligent de sonder toutes les profondeurs et tous les raffinements de la corruption humaine.
Mais, si l'on veut blâmer cette conduite, accusez donc les plus grands et les plus saints évêques des siècles passés; accusez saint François de Sales, accusez Bossuet, Fénelon, Mas-
i Lettre du 22 mai I843,
ET DE LA LIBERTÉ D'ENSEIGNEMENT. l\l\5
sillon, et tous les prélats les plus illustres, qui avaient grand soin que les jeunes prêtres fussent instruits sur ce commandement de Dieu. Sans doute ces grands hommes savaient, aussi bien que le journaliste , ce qui convient sur cette matière , jusqu'où il faut aller, et où il faut s'arrêter. Ils considéraient que le prêtre est le médecin des âmes; que le médecin du corps étant obligé de connaître et d'étudier dans les livres la nature des maladies, leurs symptômes , les divers principes de leur malignité, etc., de même les prêtres devaient acquérir la connaissance de ce qui a rapport aux vices et aux passions, à leurs causes, à leurs effets, à leurs illusions, aux circonstances qui en aggravent ou en atténuent la malice; enfin, aux mouvements de l'àme et aux démarches qui les éteignent, ou les réveillent, ou les enflamment.
Quoi ! vous permettez au médecin pour la guérison du corps ce que vous refuseriez au prêtre pour le salut éternel de l'âme !
En second lieu, vous laissez entendre qu'on donne les instructions dont il s'agit à tous les élèves du sanctuaire; mais vous ne savez pas, ou vous feignez de ne pas savoir, que cet enseignement est réservé aux jeunes gens qui, par le diaconat, sont engagés définitivement dans le sacerdoce. La prière, la fréquentation des sacrements, de saintes méditations les y disposent , et les vérités de la foi, aussi bien que ses terreurs, les fortifient et les préservent.
Les agresseurs en furent pour leur honte. Ce n'était que le commencement de la lutte.