CHAPITRE V
L'instruction publique et la liberté d'enseignement sous la troisième race (du xive au xvie siècle) , de la p. 255 à la p. 33o.
Avec les Universités, l'instruction publique a revêtu une forme nouvelle; elle est fille de la liberté; soutenue par la papauté, sanctionnée par le pouvoir royal, elle vit sous la loi du privilège, 255 . — La liberté se conserve dans le sein des Universités, et eu debors d'elles, sous la protection du souverain pontife, des franchises municipales, des droits de l'Église et de
la ebarité, 257 Cet équilibre ne durera pas, les Universités tendront au
monopole, la royauté voudra les asservir, 258. — Unie avec les rois dans une animosité commune contre le saiut-siége, l'Université perdra son indépendance, 259 ; — descendra dans la politique et sera désarmée en face du protestantisme, 260.
I. L'Université de Paris ; lutte contre le saiut-siége, auquel elle ne pardonne pas sa défaite dans l'affaire des ordres mendiants, 262. — Elle épouse les griefs de Philippe le Bel; assemblée des états au Louvre, 263. — Le pape frappe l'Université, le roi augmente ses privilèges, et lui dicte un avis dans le procès des Templiers, 264. — Elle essaye de rentrer en grâce auprès du pape. Bulle de Jean XXII, 265. — Philippe de Valois renouvelle ses privilèges; cette rénovation lui est utile, 266 L'Université refuse uu subside,
mais fait prendre les armes à ses clients contre les Anglais, 267. — Les clients de l'Université, 268. — Faveur de Charles V pour l'Université, 268. — Bientôt, pendant le schisme d'Occident, le roi devient exigeant envers ses docteurs et les force à reconnaître Clément VII, 271. — L'Université ne tarde pas à se repentir de sa faiblesse, l'intérêt lui rend courage, mais elle échoue auprès du duc d'Anjou, 272. — Pendant le règne désastreux de Charles VI , elle accorde sou obédience à Clément VII, uniquement pour obtenir de lui des expectatives de bénéfices; Clément confirme les actes des papes, et Charles ceux des rois, 273. — L'Université travaille à l'extinction du schisme ; l'importance démesurée qu'elle se donne irrite les oncles du roi, 275; — aussi bien que le pape et sou compétiteur, 275. — Elle en appelle au concile général, et détermine la France à se soustraire à l'obédience de Benoit XIII, 276. — Elle rend une déclaration contraire presque sur-le-champ, toujours à cause des bénéfices, 277. — Elle s'attire la colère du duc d'Orléanset remet en avant la soustraction d'obédience, 278. — Le recteur déchire les bulles de Benoît XIII, et l'Université fait convoquer le concile de Pise, 278. — Vains efforts de Gerson; illégalité et inutilité du concile, 279 — Triste rôle de l'Université pendant les discordes civiles ; elle fait tour à tour l'apologie et la censure du meurtre du duc d'Orléans, 281. — Concile de Constance ; malgré les efforts de Gerson, le pape Martin V déclare illégitimes tous les appels interjetés du pape à un concile, 282 ; — et l'Université se bâte de lui envoyer le rôle des bénéjices. Asservissement de l'Université sous la domination des Anglais; elle reconnaît Henri VI, roi de France, condamne Jeanne d'Arc, et ne cherche à se
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réconcilier avec Charles VII que parce qu'il allait redevenir maître de son rovaume, 284.— Charles la soumet aux impôts, et malgré ses complaisances dans l'affaire de la pragmatique de Bourges, lui enlève ses plus précieux privilèges et la fait réformer d'autorité par le cardinal d'Estouteville, 280. — Statuts de d'Estouteville, 287. — Nouvelles diminutions de ses privilèges sous Louis XI , 289. — Le roi fait clouer et enfermer les livres des nominaux, 290.
L'Université reste soumise et muette sous Charles VIII, et ne s'occupe
que de la question des bénéfices; nouvelles restrictions opérées par Louis XII et François Ier; déconsidération de l'Université.
II. La concurrence et la liberté. La royauté s'applique à créer des Universités rivales de celle de Paris; elle agit de coucert avec les papes : — l'Université de Poitiers, 293. — Quinze Universités fondées du xive au xvie siècle ; leur indépendance réciproque, 2g5. — Vaine opposition de l'Université de Paris, 295. — Les collèges se multiplient ; collèges de plein exercice, 296. — Ecoles municipales et privées, les maîtres forains , 297. —Établissement d'institutions par les villes, les familles riches et les particuliers, 298. — La liberté et la charité y président, 3oo. — Les pédagogies , 3oo. — Empiétements de l'Université, 3oi. — Les petites écoles, 3or. — Leur régime, 3o2. — Ecoles ecclésiastiques, 3o2 Droits des chanoines conservés par Clément VIT, 3o3. — Les Dominicains et les Franciscains autorisés à continuer leurs leçons même pendant les cessations, 3o4. — Diminution des séminaires, nécessité de réforme dans le clergé, 3o5. — Les évêques réunis à Bâle sont impuissants à remédier au mal, 3o5. — Ecoles presbjtérales ; écoles de village, 3o6 Ecoles des pauvres, 307.
III. L'Université et la réforme ; les Jésuites et la liberté. — Décadence de l'enseignement universitaire; chute de la scolastique, 3o8. — François Ier porte un coup terrible à l'Université, en instituant les professeurs et lecteurs royaux du collège de France, 3 19. — L'Université réclame, mais elle est obligée de plier ; guerre sourde entre le collège royal et la Sorbonne, 3 10. — Invasion du profestautisme en France; les huguenots, contenus sous Henri II, trouvent des alliés dans les professeurs royaux, 3ri. — Ramus attataque l'Université, sou plan deréforme ; — progrès de l'hérésie dans l'Université ; colloque de Poissy. Edit de janvier. Ramus se déclare protestant et brise les images, 3i2. — L'Université le cite à sa barre; il est obligé de fuir, 3i3. — Fondation de la société de Jésus, 3 13. — Les Jésuites se font recevoir en France, malgré le parlement, malgré l'Université, 3 14. — Alliance du protestant Ramus et de l'Université contre les Jésuites, 3i5. — Ouverture du collège de Clermont, 3i5. — Les Jésuites font une concurrence ruineuse à l'Université par la supériorité de leurs méthodes et par la gratuité de leurs leçons, 3 16. — Procès : les avocats de l'Université; les Jésuites gagnent leur cause, 317. — Ramus reprend sa lutte contre l'Université, et les professeurs royaux refusent de se soumettre aux injonctions de ce corps, 3 18. — L'Université est repoussée dans ses tentatives de domination : Académie du poète Baïf, 3i8. — Guerres de religion : mort violente de Ramus, 319. — L'Uuiversité est la proie des factieux ; la faculté de théologie déclare qu'on peut détrôner les rois et fait l'apologie du régicide Jacques Clément • elle se soumet à Mayenne, puis se jette aux genoux de Henri IV, 320. — Le procès contre les Jésuites
recommence ;le collège royal vient en aide à l'Université, et les Jésuites sont bannis de la ville de Paris, 321. — Ils sont rétablis par édit du roi ; opinion de Henri IV sur la compagnie de Jésus, 322. — § 3. Les séminaires. — Canons du saint concile de Trente, 324. — Droits imprescriptibles desévêques, 326; — reconnus en France par les rois ; zèle du clergé pour la fondation de ces écoles, 327. — Conciles provinciaux de Rouen, de Tours, de Bordeaux, de Bourges, etc., 327 Le pouvoir royal consacre la liberté de l'épiscopat, 328.