‹ Histoire critique et législative de l'instruction publique et de la liberté de l'enseignement en France Par Henry de Riancey Depuis la révolution de 1789 jusqu'à nos joursChapitre 60 sur 82 · III. Publications en faveur de la liberté · texte numérisé non relu

III. Publications en faveur de la liberté

Certes, en notre temps de matérialisme et d’apathie, c’est un honneur pour la foi et pour la patrie que de voir avec quelle énergie la cause de la religion et de la vérité est abordée, soutenue et vengée; avec quel dévoûment les intérêts les plus chers , les droits de la conscience sont défendus et revendiqués; et cela, sans préoccupation d’ambition personnelle, sans esprit de parti, sans haine, sans passion, avec l’ardeur de la conviction et la force invincible de la justice!

Nous ne pouvons pas , les bornes que nous nous

1 Discours prononcé à l’ouverture de l’Académie de la religion catholique, Univers du samedi a septembre 1843.

ET DE LA LIBERTÉ D’ENSEIGNEMENT. 4*>3 sommes imposées y résistent, faire connaître ici toutes les protestations cpii depuis quelques mois se sont produites si nombreuses et si imposantes. Tous les catholiques, tous les amis de la liberté les ont lues, et l’accueil empressé que la plupart d’entre elles ont reçu, est un éloge plus complet que celui que nous pourrions leur donner. Elles doivent cependant prendre place ici, ne fût-ce que * par leur titre. Sous le régime du monopole , c’est une consolation de parler de la liberté, et, pour cette reine dépossédée, elles sont les plus beaux fleurons de sa couronne.

Le champ de la polémique fut inauguré par M. L. Veuillot, rédacteur de Y Univers. Sa Lettre h M. le ministre de l’ instruction publique, franche comme une déclaration de guerre, retrace les griefs des catholiques contre l’Université, rappelle ces attermoiements perfides, ces délais sans cesse prolongés, cette défiance coupable de la liberté, qui désolent tant de familles, et elle ajoute au nom des chrétiens :

Quel combat voulez-vous qui nous effraye ? Fous prenez toujours, et vous avez tort , tous les chrétiens pour des hommes comme tes autres , qui calculent, qui ont besoin de réussir, qui n’entreprennent rien si le succès n’est probable, et s’ils n’en peuvent toucher et manger les fruits. Sachez que nous n’avons besoin ni de calculer ni de réussir, mais seulement de connaître notre devoir, et de le remplir avec simplicité de cœur. Nous sommes ici l’Église mililante. Vous attaquez la religion, et vous l’attaquerez davantage si vous pouvez : notre devoir est de combattre, et de former des combattants pour l’avenir. Où se forment les soldats? sous les coups de l'ennemi... Le bon régiment n’est pas celui qui sort au grand complet , frais et dispos,

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