‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 10 sur 200 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

céé de rester spectatrice d'un tel événement est à moitié battue; Tempelhof en conclut qu'il ne faut jamais prendre un poste semblable, à moins qu'il ne soit inabordable sur tout son front , et que ses flancs ne soient bien soutenus par l'artillerie de la Jigne ; il ne doit pas être éloigné au-delà de mille pas.

Le duc ayant reconnu de nouveau la position des Français, s'aperçut de leur faute, et résolut de les attaquer sur-le-champ. L'armée se mit en marche de front, dans la nuit du ii au 12 juin, en colonnes par bataillons (1); et se mit en ligne avec le corps de Sporken , tandis que le duc de Holstein marchait sur Kampen.

A six heures du matin, l'armée fut en présence • de l'ennemi , sur les hauteurs d'Alpen et de Saalhoof , formée sur quatre lignes ; linfanterie composait les deux premières , et la cavalerie les deux deiTîières. Les Français lacanounèrent vivement, mais sans effet , à cause du grand éloignement.

Sporken s'empara du débouché qui conduit à la plaine de Eil , chassa l'ennemi des taillis , et fit

(i) Ce combat de Kampen est , je crois , la première action où une armée ait marché en colonnes par bataillons , sur le développement 4e toute sa ligne. Cette méthode n'«st pas mauvaise, sô^tout si on forme chaque bataillon en colonne d'attaque sur la deuxième division : c'est à peu près comme si on marchait en bataille, car il est facile de se former quand on approche de reanemi , ou de l'aborder «u colonnes avec plus de vigueur.

placer une batterie sur les hauteurs d'Alpen, afin de tenir en respect la cavalerie française qui s'était formée à l'aile gauche. Alors Ferdinand détatacha le prince héréditaire, avec 5 bataillons, pour s'emparer du défilé de Saalhoof, chasser Tennemi du village, et tomber ensuite sur son flanc droit par les hauteurs de Rampen , tandis que le duc de Holstcin, renforcé, attaquerait le couvent. La cavalerie de Taile gauche fut placée derrière celle batterie pour observer les mouve- Hiens de Taile droite ennemie. L'action fut vive, la défense opiniâtre. Voyer défendit chaque pouce de terrain , et n'abandonna les hauteurs qu'après midi , pour se ret'rer sur l'armée. On découvrit «lors un grand mouvement dans le camp du comte de Clermont ; mais on ne put en connaître le but , à cause de la disposition du terrain. L'aile droite de l'armée continuait d'avancer; elle passa la nuit sous les armes dans la position qu'elle venait d'enlever au corps de Voyer. Le duc voulut renouveler l'attaque au point du jour; mais le comte de Clermont ayant aperçu la faute qu'il avait commise, s'était retiré précipitamment surMoers, et de là par Greveldt sur Nuys.

Par ce mouvement sur le flanc gauche de l'ennemi, les iilliés s'emparèi^ent de Rhinberg, de tout le pays jusqu'à Gueldres, et des magasins qui s'y trouvaient.

Le général français comprit enfin qu'aussi long-

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