CHAPITRE IX
temps qu'il resterait sur la déFensive, toutes les positions qu'il prendrait entre la Meuse etleRliin n'arrêteraient pas les progrès des alliés; en efiet, en voulant conserver son appui au Rhin pour couvrir ses grands magasins et ses communications avec l'arme'e de Hesse, sa gauche risquait d'être débordée et écrasée; s'il appuyait cette aile à la Meuse , sa droite courait les mêmes risques , et ses magasins étaient perdus. Il résolut donc de reprendre l'offensive , porta le comte de Saint- Germain sur Creveldt, avec une division de lO mille hommes , et le suivit, le 19, avec toute l'armée , qui campa derrière les lignes , entre Vicheln et Anradt. {Pi. 1 5.)
Leduc, de son côté, avait campé à Altenkirchen. Dès qu'il fut informé du mouvement des ennemis , il rassembla ses détachemens , même celui du général Wangenheim, qui était resté sur la droite du Rhin. L'armée, forte de 38 bataillons et 52 escadrons, marcha sur quatre colonnes, et campa en vue des Français entre Kampen et Hulsen.
Son apparition dans la plaine plongea le comte de Clermontdans la plus grande stupeur, il renonça à tout projet offensif, et résolut d'attendre l'ennemi dans sa position , où il ne croyait pas qu'on osât l'attaquer. Elle était en effet très-avantageuse. Le camp se trouvait derrière les lignes AA, Creveldt couvrait le front de l'aile droite, et
Saint- Antoine celui de l'aile gauche , qui se prolongeait jusqu'à Anradt.
Ces lignes sont un rempart assez élevé et fort épais, environné de deux fossés larges et profonds; elles servent de démarcation aux territoires des villes; on y a pratiqué quelques ouvertures pour la communication des villages. Tous les chemins qui conduisent à ces passages sont bordés d arbres; les environs couverts d'habitations isolées, de métairies dont les jardins et possessions sont séparés par des fossés, des haies et des enclos. Le terrain est ainsi tellement coupé , que dans beaucoup d'endroits on avait de la peine à marcher sur front de sections. Entre Creveldt et les lignes se trouve une plaine ouverte , mais susceptible d'élre battue par l'artillerie avec le plus grand effet.' En avant des ouvertures de Hukesmey et Stoeken , la plaine est couverte d'un taillis et de landes qui longent la ligne et s'étendent jusqu'auprès d'Anradt, où se réunissaient d'autres accidens de terrain, qui rendaient la marche trèsdilîicile jusqu'à Vicheln, ainsi qu'on le verra par le plan de la bataille.
Il ne paraissaitpas possible d'attaquer le front; le flanc droit était couvert par un grand marais , et le gauche semblait hors de danger , à cause des obstacles sans nombre qui s'y trouvaient accumulés. Le duc Ferdinand présumait que la position qu'il avait prise dans la plaine engagerait le