‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 101 sur 200 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

campagnes, de 1769 à 1762 , furent constamment les mêmes , parce qu'elles ne lurent que défensives. Les Paisses agissant de concert avec les Autrichiens, il n'aurait pas continué sans danger une guerre d'invasion qui , l'éloignant de son centre de puissance et de movens , eut permis à l'une des trois armées ennemies, de lui porter des conps irréparables. D'ailleurs , il opéra toujours sur trois lignes intérieures, portant successivement sa masse sur chacune d'elles , tandis que les deux autres se maintenaient par une défensive bien combinée.

La figure V^ de la planche 20 , démontre l'avantage de ces dispositions. Les trois ligues intérieures A indiquent les trois corps d'armée prussiens; les quatre lignes extérieures B ceux des ennemis. Le roi se portait rapidement avec la masse de ses forces sur celui des trois points A , où le danger était le plus pressant. 11 y rétablissait ses affaires, et volait sur un autre. Après la bataille de Holienkirch , il sut, par un vrai coup de maître, réunir ses trois corps en Saxe , et arracher à Daun les fruits de sa victoire. Ainsi , depuis 1758 , le roi opéra successivement en Saxe, enSilésie, et dans le Brandebourg. Il avait laissé échapper ,eu 1757, le moment de faire la guerre dinvasion; il le sentit, et c'est peut-être pour avoir changé de système qu'il s'est maintenu avec tant de gloire contre des forces aussi disproportionnées.

En se reportant aux différentes époques de la guerre de sept ans , on demeurera convaincu que , si Je roi manqua ses premières lignes d'opérations et ses plans primitifs, le choix de ses lignes accidentelles fut toujours habile. En eifetles marches contre l'armée combinée , et son retour en Silésie, en 1737; linvasion de la Bohême après la levée du siège d'Olmulz; les mouvemens qui suivirent la bataille de llohenkirch; enfin, sa marche en Silésie , eu 1 760 , sont des chefs-d'œuvre de lart.

11 y a sans doute du mérite à bien combiner un plan de campagne ; mais il est i-are qu'on puisse rexéculer entièrement; un événement imprévu , tel que 11 perle d'une bataille, change quelquefois complètement la direction de la guerre : c'est dans ces occasions importantes, danscesmomens de crise , que le génie se développe avec plus d'éclat. Un général ordinaire est presque toujours embarrassé; Frédéric ne le fut jamais, et ses opérarations inopinées sont autant de leçons pour les gens de 1 art. INous avons déyd observé , dans le chapitre précédent, qu'il a justifié par sa marche en Bohême, une maxime importante, celle de diriger les retraites parallèlement à la ligne de ses Jroutières ; par son application , l'armée prussienne , au lieu d'attirer le théâtre de la guerre en Silésie, le porta dans les provinces ennemies. Si les Autrichiens avaient profité de celle leçon

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