CHAPITRE XIV
dans les guerres de la re'volutlon , ils n'auraient probablement pas abandonné tant de pays , et le théâtre des opérations n'eût pas été transféré en deux campagnes , des rives de lOise sur les bords du Danube, au coeur de l'Allemagne. C'est assez de preuves pour démontrer l'importance des lignes accidentelles; il serait inutile d'en fournir un plus grand nombre. Je vais maintenant analyser les lignes d'opérations des Autrichiens et des Français sur le Rhin.
Observations siu^ les lignes d'opérations choisies par les Autrichiens et les Français dans la guerre de sept ans.
Nous avons déjà donné la description des lignes d'opérations territoriales des Autrichiens; il reste à examiner les manoeuvres au moyen desquelles leurs généraux en embrassèrent le développement, soit dans la défensive , soit pour l'invasiou des provinces ennemies.
Un coup-d'ceil sur la carte générale, fera voir que la Bohème était le point central d'où les Autrichiens pouvaient diriger la masse de leurs forces avec le plus d'avauUigc.
Les frontières des trois lignes forment presque un angle saillant. ( Voyez pL 2.0 ^fig. ij. J'aurai occasion de démontrer plus tard combien cette coniiguralion est avantageuse à la Bohême , quoi-
!25o TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.
que Lloyd ait prétendu le contraire; mais il faut observer ici que , par cette position , les Prussiens étaient forcés d'agir sur deux lignes extérieures, tandis que leurs ennemis pouvaient les faire intérieures , ou même n'en avoir qu'une simple : en effet, si les premiers avaient laissé la Saxe ou la Silésie à découvert, rien n'eût empêché la grande armée autrichienne de s'emparer, en manoeuvrant avec vigueur, de celle qui aurait été abandonnée. Cette position centrale de la masse de ses forces devenait d'autant plus avantageuse, qu'un grand fleuve partageait l'angle saillant et coulait diagonalement vers la Saxe et le centre des états prussiens; ses opérations sur l'une ou l'autre de ces provinces étaient donc favorisées par la ligne de l'Elbe , au moyen de laquelle une . division aurait contenu un des corps ennemis, au moins assez long-temps pour que l'armée pût accabler l'autre. Le roi dut son salut à la manière vicieuse dont les généraux ennemis opérèrent.
En 1756, larmée autrichienne n'étant pas en mesure , ne chercha qu'à délivrer les Saxons. En 1767, les dispositions du maréchal Browu, sous les rapports offensifs et défensifs , furent également vicieuses; au lieu de profiter de sa position centrale pour tenir ses forces réunies , il forma quatre grandes divisions sur un développement de quatre-vingts lieues; un système pareil n'est bon ni pour l'attaque ni poiu' la défense. Après