CHAPITRE XIV
Ja bataille de KoUin, au lieu d'opérer en masse sur l'Elbe et sur la Saxe, où Tarmée française marchait, le prince Charles fit des efforts loin du but principal , et perdit un temps précieux devant les places de la Silésie.
Eu 1758, Daun fut plus sage; après la levée dti siège d'Olmutz, et la marche du roi contre les Russes, il se dirigea sur Dresde; mais alors l'armée française n'était plus en Saxe , et le maréchal perdit son temps dans des positions inabordables; il détacha même 20 mille hommes sur Neiss , quoique celte expédition n'offrit qu'un faible intérêt , lorsqu'on pouvait accabler le prince ïîenri , et porter rapidement le théâtre de la guerre dans le Brandebourg. La formation de cette double ligne et la lenteur firent perdre au maréchal les fruits d'un bon plan ; elles permirent au roi de réparer les pertes de la bataille de ITohenkirch , par la manoeuvre savante , rapportée dans le chapitre XIII.
En 1769, Daun prend Dresde et manoeuvre en Lusace; les Puisses gagnent la bataille de Runesdorf , et marchent vers la même province. Cette combinaison concentrique des opérations, la seule qui eutlieudans cette guerre, met Frédéric à deux doigts de sa perte ; la lenteur compassée du maréchal autrichien gâte tout, etl'expérience prouve que : deux armées ^ qui maiiceuvreiit
sur une même frontière , sous des chefs clifferens , ne valent pas mieux que cleuœ lignes d'opérations extérieures. Les Russes retournent en Pologne, sans avoir pu convenir d'un plan d'opérations.
En 1760, les premières dispositions des coalisés ne sont pas mieux combinées. Le roi , en marchant trop tard en Silésie , attire toutes les forces ennemies sur cette prorince; mais il conserve une position centrale , et bat Laudon à Liegnitz. Les armées russe et autrichienne, distantes seulement de quelques marches , ne peuvent s'entendre , ni combiner un mouvement. Les Russes marchent excentriquement , en s'éloignant de leurs alliés , pour descendre l'Oder, et faire une diversion sur Berlin. Dauu isolé, est repoussé dans les montagnes de la haute Silésie. Lorsque les Russes retournent en Pologne , les opérations deviennent plus actives; les armées des deux partis marchent en Saxe , où le roi gagne la bataille de Torgau sur une partie des forces autrichiennes.
En 1761 , les efforts principaux se font en Silésie, quoique la possession de Dresde permit de les diriger, avec beaucoup plus de succès, en. Saxe et même sur le Brandebourg. Le roi , par ses dispositions et le camp de Buntzelwitz, arrête Laudon et les Russes qui , malgré leur énorme supériorité , se bornent à des parades , à des dé-