CHAPITRE XIV
monstralions qui n'aboutissent à rien. Daun reste toute la campagne à Dresde, sans tirer parti de sa situation.
En 1762, Frédéric débarrassé des Russes, reprend Schweidnitz , et repousse Daun dans les montagnes. Le prince Henri bat la double ligne d'opérations en Saxe, et TAutricbe fait la paix après sept campagnes , où ses généraux gagnèrent plusieurs batailles sans en obtenir le moindre résultat.
Les généraux français ne furent ni plus habiles ni plus heureux.
Dès la campagne de lySS, ils formèrent deux lignes d'opérations , en Hesse et sur le Weser , dans un développement de 1 00 lieues. Ferdinand , en manoeuvrant sur l'extrémité gauche de celte ligne , n'eut à combattre que des corps isolés , qu'il força à se retirer derrière le Pdiin.
Contades qui prit le commandement après la bataille de Creveldt, saisit les avantages de la ligne du Rhin dont il tenait toutes les places , et que son adversaire avait eu la témérité de franchir par sa droite , en venant se placer entre la nier du Nord, une ai^mée supérieure , et les frontières de France. Nous avons vu, dans le chap. IX, combien le maréchal aurait pu tirer parti de toutes ces chances, s'il avait opéré, parsa droite, avec un peu plus de rapidité et de vigueur. 11 tenait une position semblable à celle de Napoléon
sur la Saale , en 1806, avec encore plus d'avantage , puisque Wesel , qui était à la ligue du Rbiu t:e que Magdebourg était à celle de TElbe , se trouvait en son pouvoir; tandis que Bonaparte n'avait pas Magdebourg.
A la fin de la campagne , les deux armées françaises perdirent tous les fruits de leurs succès partiels , parce que le duc, en prenant une position centrale , rompit le concert de leurs opérations; elles perdirent ainsi leur temps à des mouvemens décousus , à une correspondance sans fin , à des mémoires et des plans sans résultat.
A l'ouverture de la campagne de 1759 , Ferdinand voulant profiter des avantages de sa ligne intérieure , résolut d'accabler le corps qui se trouvait dans le pays de Hesse , pendant que la grande armée restait tranquille dans ses quartiers d'biver; la réussite , de ce plan aurait amené la ruine totale de l'armée de Broglie ; la bataille de Bergen en décida autrement , parce que le duc n'était pas assez fort pour remplacer ses pertes et renouveler une attaque le lendemain d'un écbec. Enfin les Français comprirent qu'il était plus avantageux d'opérer réunis, et leurs armées se concentrèrent en Hesse; la conquête de ce pa) s et celle d'une grande pai'tie de la TYestpbalie furent le résultat de cette combinaison ; la perte de la trop fameuse bataille de Minden , qui aurait eu dçs suites incalculables si les armées eussent été