‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 105 sur 200 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

isolées, n'en eut de fâcheux que par la retraite précipitée de Contades , qui repassa le Weser, tandis qiiil pouvait facilement se maintenir sur la rive droite; sans cet incident, l'armée battue aurait conservé ses conquêtes , et en eût peutêtre fait de nouvelles par le seul effet de sa concentration.

En 1760, Broglie réunit toutes ses forces dans l'électorat de Hesse. Ce système valut une campagne honorable et avantageuse aux armées françaises : quoique le maréchal ne sût pas profiter de sa supériorité , et ne formât aucune entreprise importante , son armée fit des conquêtes , et s'y maintint.

En 1761 , la scène changea de face; ou eût dit que le cabinet de Versailles se lassait de bien combiner ses plans. Les armées furent renforcées et portées à 199 bataillons et 197 escadrons; jamais la France n'en eut de plus formidable sur une seule frontière; mais on forma deux cor^ps à u?ie grande distance , l'un commandé par Broglie, et l'autre par le prince de Soubise. On fit la guerre à coup de plume; un des généraux formait des plans qui ne convenaient pas à son collègue; les mémoires remplaçaient les combats; car lorsqu'ils étaient d'accord sur une opération , l'ennemi avait eu le temps de les prévenir et en changeant ses dispositions , il les mettait dans la nécessité d'avoir recours à de nouveaux mémoi-

res. Eiifiu , il fallut bien se réunir; mais le commandement resta partagé. Les deux armées attaquèrent Ferdinand; celle de Broglie commença ses opérations trop tôt , et au jour fixé pour l'effort combiné , le prince de Soubise s'engagea trop tard : on fut baltu ; pouvait-on ne pas létre ? Les mêmes causes produisent les mêmes eflTets.

En comparant les lignes-manoeuvres des Autricbiens, des Russes et des Français avec celles de Frédéric , on voit quelles étaient combinées contre tout principe , et l'on expliquera facilement la différence de leurs résultais. Si le roi de Prusse, dans ses premières campagnes, avait possédé l'art de profiter de ses victoires, au même degré que cela s'est vu de nos jours, ces effets auraient été plus décisifs.

Obseri>ations sur les lignes-manœuvres de la dernière guerre.

Au commencement de cette lutte terrible , qui eut des chances si variées , la Prusse et TAutriche étaient les seuls ennemis connus de la France, et le théâtre de la guerre ne s'étendait en Italie , que pour s'observer réciproquement , attendu que ce pays était trop éloigné du but. Le développement des lignes d'opérations comprenant l'espace qui s'étend depuis Huningue jusqu'à Dunkerque, présentait trois divis^o^s principales:

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