CHAPITRE XIV
celle de droite renfermait la ligue du Rîiin , depuis Huningue jusqu'à Laudau, et de là à la Moselle; celle du centre était formée de l'intervalle entre la Moselle et la Meuse; celle de gauche de l'étendue des frontières, de Givet à Duukerque.
Lorsque la France déclara la guerre à lempereur , son intention était de prévenir la réunion <le ses ennemis. Elle avait alors i oo raille hommes sur l'étendue des trois lignes dont nous venons de parler, et les Autrichiens pas au-delà de 35 mille dans la Belgique. 11 est donc impossible de pénétrer le motif qui empêcha les Français de conquérir cette province, où rien ne leur aurait résisté. Il se passa quatre mois entre la déclaration de guerre , et le rassemblement des forces alliées. Nétait-il pas probable néanmoins, que l'invasion delà Belgique eût empêché celle de la Champagne, en donnant au roi de Prusse la mesure des forces de la France, et l'engageant à ne pas sacrifier ses armées pour un intérêt secondaire, tel que celui d'une forme de gouveruement? et si cette invasion de la Champagne n'a pas eu les su tes que tout le monde s'en promettait , à quoi a-t-il tenu qu elle ne changeât la face de l'Europe ? Cette question facile à résoudre, mais qu'il n'entre pas dans notre plan de raisonner, est une grande pi euve de 1 importance du choix des ligues d'opérations.
Lorsque les Prussiens arrivèrent, à la fin de 3. ly
25S TRAITÉ DES GRAIVDES OPÉRATIOISS MILITAIRES.
juillet, àCobleiitz, il est certain que les Français ne pouvaient plus faire la guerre d'invasion, et que ce rôle était destiné aux armées coalisées. Voyons de quelle manière elles s'en acquittèrent. Les forces des Français , sur le développement des frontières dont nous avons parlé, s'élevaient alors à 1 1 5 mille hommes environ. Répandues sur un front de i4o lieues, divisées en cinq corps d'armée, il était, impossible que ces forces pussent présenter une résistance bien efficace ; car pour les empêcher d'agir, il suffisait d'opérer sur le centre et de s'opposer à leur jonction. A cette raison militaire venaient se réunir toutes les raisons d'état; le but qu'on se proposait était entièrement politique; on ne pouvait l'atteindre que par des opérations rapides et vigoiu^euses.Laligne territoriale située entre la Moselle et la Meuse, qui formait celle du centre , moins fortifiée que le reste de cette frontière, présentait en outre aux alliés l'excellente place de Luxembourg , pour base. Elle fut donc choisie avec discernement ; nous allons voir que l'exécution ne répondit pas au plan.
. La cour de Vienne avait le plus grand intérêt à cette guerre , à cause de ses relations de famille, et des dangers auxquels ses provinces eussent été exposées en cas de revers. Par une spéculation politique , dont il serait difficile de rendre raison, le rôle principal fut néanmoins aban-