CHAPITRE XIV
La campagne de 1793 offre nn nouvel exemple de l'influence du mauvais choix des ligues. Les Autrichiens remportèrent des victoires , et reprirent la Belgique , parce que Dumouriez étendit maladroitement le champ de ses Opérations. Jusque-là, on ne saurait leur faire aucun reproche; le désir de reconquérir ces riches contrées, justifie cette entreprise , sagement dirigée contre l'extrême droite du grand front de Dumouriez. Mais, lorsqu'ils eurent repoussé l'armée française sous le canon de Valenciennes ; que, désorganisée , livrée à tous les ravages de l'anarchie qui désolait l'intérieur , elle se trouvait hors d'état de résister , pourquoi rester onze mois devant quelques places , et laisser aux républicains le temps de former de nouvelles armées ? Lorsqu'on se rappelle la situation déplorable de la France et l'état de dénuement des débris de l'armée de Dampierre, peut-on concevoir quelque chose aux parades des alliés devant les places de Flandre ?
La guerre d'invasion est surtout avantageuse, lorsque l'empire qu'on attaque est tout entier dans la capitale. Sous le gouvernement d'un grand prince et dans les guerres ordinaires, le chef-lieu de l'empire est au quartier-général; mais sous un, prince faible, dans un état démocratique, et plus encore dans une guerre d'opinion , la capi-
taie est ordinairement le centre de la puissance nationale (1).
Si cette vérité avait pu être mise en doute , elle eût été justifiée dans cette occasion. La France était tellement dans Paris, que les deux tiers de la nation avait levé l'étendard contre le gouver-» nement qui ] oppr mait.
Si après avoir hattul'armée française à Famars^ on eiiit laissé les Hollandais et les Hanovriens en observation devant ses débris, que les Anglais et la grande armée aiitvicbienne eussent dirigé leurs opérations sur la Meuse, la Sarre et la Moselle , 4eiC0ucert avec 1 armée prussienne,: et une partiede l'iàriuée inuti 1 ç^ du H au t-Rhin., il . est certain qu'une masse de 120" mille hommes, aurait pu agir avec deux corps de lianes pour couvrir la ligne d'invasion. Je peiise même que sans changei* la. direct! on de la guerre, ni cotu-ir de grands: risques, ou aurait pu laisser aux Hollandais et Hanovriens , le soin de masquer Maubeuge et Valeucieunes, et poursuivre avec le gros del'armée--
(i) La prise de Paris par les ailles décida du sort, de Napoléon, mais cette circonstance ne détruit pas mon assertion. Napoléon, sans armée , avait toute l'Europe sur les bras, et la nation franr" ç'aisé, elle-même, avait «épnré sa cause de la siehne. Avec 5o mille hommes déplus, on eût bien vu que sa capitale était vraiment an quartier-général. .;f m^b