‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 109 sur 200 · CHAPITRE XIV; - r · texte numérisé non relu

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les débris de celle de Danipierre. Mais après plusieurs victoires , 200 mille hommes furent occupés pendant six mois à /aire des sièges y sans gagner un pouce de terrain. Au moment où ils menaçaient d'envahir la France, ils établirent i5 ou 16 corps dans des positions défensives pour couvrir leurs propres frontières ! Ne semble - t - il pas voir le prince Charles de Lorraine, en lySy, décider dans un conseil de guerre qu'il n'attaquera pas Breslau avec, go mille hommes, de peur que la garnison de Schweidnitz, forte de 6 mille hommes , ne lui coupe la retraite !

11 n'est pas mioins étonnant, qu'après avoir fait, au commencement de la campagne, les plus grands efforts sui' la droite de la ligne générale , on les ait portés ensuite g?nr. l'extrême gauche; ainsi, tandis que les alliés agissaient en Flandre, les forces imposantes qui étaient sur le Rhin , ne les secondaient point; lorsque ces forces opérèrent offensivement à leur tour, les alliés restèrent dans l'inaction. Ces fausses combinai^: sons ne ressemblent-elles pas à celles deSoubise et de Broglie., en i/yôi , et à toutes les doubles lignes de la guerre de sept ans ?

Eu 1794» la scène change totalement de face. Les Français passent d'une défensive pénible , à une offensive brillante. Les combinaisons de cette campagne ont été sans doute bien établies; mais

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on les a exagérées, en les présentant comme un nouveau système de guerre.

Pour s'assurer de la justesse de mon assertion , jetons les yeux sur la position respective des armées dans cette campagne et en l'jS'j , on voit qu'elle était à peu près la même , et que la direction des opérations se ressemble absolument. Les Français avaient quatre corps qui se réunirent en <îeux grandes armées, comme le roi de Prusse avait quatre divisions qui formèrent deux armées, au débouclii dés montagnes. Les deux grands corps prirent à leur tour une direction concentrique, en 1 -j-g/j , -sîur Bruxelles , comme Frédéric et S« hwerin 1 avaient prise, en i']5'j , sur Prague. La seule diiTérence qui existe entre ces deux plans, c'est que les troupes autricliiennes moins disséminées , avaient en Flandre une position moins étendue que celle de Brown en Bohême; mais cette diiTérence n'est certainement pas en faveur du plan de 1794- Ce dernier avait de plus contre lui la position de la mer du INord ; on fut forcé , pour déborder la droite des Autrichiens , de faire filer le général Pichegru entre les rives de cette mer , et la masse des forces ennemies : direction la plus dangereuse et la plus fautive , que l'on puisse donner aux grandes opérations. Ce moa-^'^ vement est absolument le même que celui de Beningsen sur la Basse-Vistule , qui jaillit compromettre l'armée russe en 1807.

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Le sort de l'armée prussienne, rejetée sur la Baltique après avoir été coupée de ses communications , est une autre preuve de cette vérité. '"'

Si Cobourg avait opéré comme on l'a fait de nos jours; il eût aisément fait repentir Pichegru, qui exécuta cette manœuvre audacieuse un mois avant que Jourdan ne fût en mesure de le seconder.

La grande armée autrichienne , destinée à l'offensive, était au centre, devant Landrecies; elle se composait de 106 bataillons et i5o escadron-s; elle avait sur son ilanc droit le corps de Clairfajt , pour couvrir la Flandre , et à sa gauche, le corps du prince de Kaunitz. Le gain d'une bataille sous les murs de celte place lui en fit ouvrir les portes. On trouva sur le général Chapuis le plan de la diversion en Flandre, et Ton envoya à Clairfayt douze bataillons ! Long-temps après , et lorsqu'on eut connaissance des succès des Français, le corps d'York marcha à son secours. Mais que faisait alors le reste de l'armée devant Landrecies, puisque le départ de ces forces l'obligeait à retarder son invasion ? Le prince de Cobourg ne perdit-il pas tous les avantages de sa position centrale , en laissant battre successivement tous ses gros détachemens et consolider les Français en Belgique? Enfin, l'armée se mit en mouvement, après avoir envoyé une partie de ses forces au prince de Kaunitz , et laissé une division à Cateau. Si , au lieu de morceler cette grande armée , on l'eût dirigée de

suite sur Turcoing , on pouvait y réunir i oo bataillons et i4o escadrons. Quel résultat eût alors obtenu la fameuse diversion de Picbegru , coupé de ses frontières , et resserré entre la mer du Nord et deux forteresses ennemies ? Le plan d'invasion des Français n'eût pas seulement le défaut radical de toutes les lignes extérieures, il pécha encore dans l'exécution : la diversion sur Courtray eut lieu le 26 avril , et Jourdan n'arriva à Cbarleroi que le 3 juin , plus d'un mois après. Quelle belle occasion pour les Autrichiens, de profiter de lem- position centrale ! ! -'hv

Je pense que si l'armée prussienne avait manoeuvré par sîi droite, et l'armée autrichienne par sa gauche, c'est-à-dire toutes deux sur la Meuse, les affaires auraient pris une tournure bien différente; en effet, s'étahlissant sur le cen-, tre d'une ligne disséminée j leui^ masse aurait certainement empêché la réunion de ses différentes parties. 11 peut être dangereux d'attaquer en bataille rangée , le centre d'une armée en ligne con-* tiguëj qui a la facilité d'être soutenue simultané-^ ment par ses ailes; mais il en est, bien autrement* d" une ligne de cent trente lieues.

En 1 'J95 , la Prusse et l'Espagne se retirèrent de la coalition; le théâtre de la guerre surleRhiii se rétrécit, et l'Italie ouvrit aux armées françaises un nouveau champ de gloire. Les lignes d'opéra^lions de cette campagne , furent encore doubles.

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