CHAPITRE IX
comte de Clermout à quitter la sienne pour l'attaquer; il savait que ce général eu avait reçu l'ordre positif de sa cour; mais voyant que son système était changé , il résolut de tenter luimême cette opération scabreuse. Lorsqu'il eut parfaitement reconnu la position , il réunit ses généraux, et leur donna ses ordres.
L'armée fi.it divisée en trois corps. Le premier, commandé par le duc en personne, était composé de 16 bataillons et 26 escadrons de Taile droite; le second, sous le général Oberg, avec 6 bataillons et 6 escadrons du centre; elle troisième , conduit par le général Sporken , consistait en 16 bataillons et 20 escadrons de la gauche. Le projet du duc était de déborder Taile gauche des Français, de la prendre en liane et à revers. Oberg devait seconder son attaque par des démonstrations sur les passages de Stœken et Hukesmey, Sporken devait tenir en respect le reste de l'armée ennemie jusqu'à ce que l'attaque sur la gauche eût pris ime tournure favorable ; alors les deux derniers corps, en appuyant à droite, se seraient réunis au duc pour compléter la victoire.
L'armée prit les armes, le 28 juin , à une heure du matin; le corps du duc marcha sur quatre colonnes, et celui du général Oberg sur une seule ; ils se dirigèrent en F derrière Saint-Antoine, place de rassemblement de l'aile droite. La gau-
che marcha sur deux colonnes , en longeant les marécages de Kleud, pour se rendre à la place de rassemblement.
Lorsque toutes les colonnes furent arrivées, on fit halte , et le duc reconnut encore une fois l'ennemi depuis la tour de Saint- Antoine , d'où l'on découvrait toute sa position, tandis que la marche des alliés lui était dérobée parles taillis , les landes et les métairies dont tout ce pays est couvert.
Le comte de Clermont instruit de leur approche à midi , fit mettre aussitôt les troupes sous les armes, et les plaça en bataille devant le front du camp; la digue était occupée par l'infanterie jusqu'à la métairie de Stoeken; une réserve de carabiniers et de dragons formait une potence sur l'aile gauche ; les grenadiers de France et royaux se trouvaient en réserve à l'aile droite, et la brigade de INavarre au centre. La cavalerie fut placée sur deux lignes derrière l'infanterie; la légion royale en avant d'Anradt , et un détachement de 800 hommes à Creveldt; la légion fut retirée un instant après, et réunie à l'aile gauche.
Pendant que le général français prenait ces mesures , le duc par un changement de direction à droite , se porta sur Anradt à la faveur des broussailles et des taillis. Ce mouvement éprouva de grandes difficidtés. Les colonnes furent obligées