‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 111 sur 200 · CHAPITRE XIV. 2G · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. 2G

<|ue les deux autres. Les trois corps ne pouvaient être réunis que dans la vallée de l'Inn , à quatrevingts lieues de la hase de leurs opérations ! L'archiduc a des forces égales; mais il les réunit sur le centre, qu il accable à Stockach, et l'armée dHelvétie est forcée d évacuer les Grisons et la Suisse orientale. Les coalisés commettent à leur tour la même faute, et au lieu de poursuivre la conquête de ce boulevard central , qui leur coûta si cher ensuite, ils font une double ligne en Suisse et sur le Bas-Rhin. Leur armée de Suisse est accablée à Zurich, tandis que celle du Rhin s'amuse , vers Manlieim. En Italie , on forme la double ligne de Naples , où 82,000 hommes sont occupés inutilement, tandis que sur l'Adige, où doivent se porter les plus grands coups , Farmée , trop faible , essuie des revers accablans. Lorsque cette armée de Naples revient au Nord, elle commet encore la faute de prendre une direction opposée à celle de Moreau; Suwarof profite habilement de la position centrale qu'on lui laisse, marche à la première de ces armées, et la bat à quelques lieues de l'autre.

En 1800, tout change de face, Bonaparte est revenu d'Egypte , et celte campagne présente une nouvelle combinaison des lignes d'opérations (1);

(i) Ce chapitre a été écrit en i8o3 : depuis nous avons été témoins d'événemens aussi briilans, mais qui ne furent pas plus savamment

2yO TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES,

i5o mille hommes filent sur les flancs de la Suisse,' débouchent cl un côté sur le Danube , et de l'autre sur le Pô; celte marche savante , assura la conquête de contrées immenses. L'histoire moderne n'avait olfert jusqu'alors aucune opération semblable. Les armées françaises forment deux lignes intérieures qui se soutiennent réciproquement; les Autrichiens sont forcés, au contraire, à prendre une direction extérieure , qui les met hors d'état de communiquer. Par cette manœuvre, larmée de réserve coupe l'ennemi de sa ligne d'opérations , et conserve elle-même toutes ses relations avec ses frontières et l'armée du Rhin , qui forme sa ligne secondaire, ha. /ig. 3, pi. 20, démontre cette vérité , et présente la situation respective des deux partis. AA indiquent les arm.ées de réserve et du Rhin; BB celles de Mêlas et de Kray ; CCCG les passages du Saint Bernard , du Simplon, du Saint-Gothard et du Splugen. Ou voit par cette figure, que Mêlas est coupé de sa base, et que le général français, au contraire, ne court aucun risque, puisqu'il conserve toutes ses communications avec les frontières et sa ligne secondaire.

L'analyse des événemens mémorables dont

combinés. Les manœuvres des Français devant Ulm et Jena ; la marche des Russes sur Kaluga et la Beresina : celle des alliés sux' Leipzig en offrirent une nouvelle application avec de plus grand? résultats encore.

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