‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 112 sur 200 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

nous venons d'esquisser l'ensemble, suffira pour convaincre de l'importance du choix des lii^nesmanoeuvres dans les opérations militaires. En effet, c'est de lui que dépend le salut et la perte des empires. Il peut réparer les désastres dune bataille perdue, rendre vaine une invasion , étendre les avantages d'une victoire , assurer la conquête d'un pays.

En comparant les combinaisons et les résultats des plus célèbres campagnes, on verra aussi que toutes les lignes d'opérations qui ont réussi se rattachaient aux principes généraux présentés dans le chapitre VII ^ car les lignes simples et les lignes intéri eures ont pour but de mettre en action, au point le plus important , etparlemojen des mouvemens stratégiques , un plus grand nombre de divisions , et par consécpient une plus forte masse que V ennemi. On se convaincra également que toutes celles qui échouèrent, renfermaient les vices opposés à ces principes^ puisque les lignes doubles extérieures et toutes les lignes multipliées tendent à présenter des parties faibles et isolées , à la masse qui doit les accabler.

Il me reste maintenant à démontrer l'influence de la configuration des frontières sur la direction des grandes opérations , et à soumettre quelques réflexions sur les lignes excentriques.

Lloyd et Bulow les ont appliquées aux retraites ; le dernier surtout a prétendu qu'une reti aite,.

pour être bonne , devait être excentrique , comme

la figure suivante :

c'est-à-dire, que l'armée, commençant cette opération d'un point donné, doit suivre plusieurs lignes divergentes , pour couvrir une plus grande étendue de frontières, et menacer les jlancs de son adversaire par ses deux extrémités.

Avec ces grands mots de flancs, on donne un air d'importance aux systèmes les plus contraires aux principes de l'art. Une armée en retraite est toujours inférieure physiquement et moralement, parce qu'elle ne se retire que par suite de revers , ou de son infériorité numérique. Faut-il donc l'affaiblir encore plus en la disséminant? Je ne combats pas les retraites exécutées sur plusieurs colonnes pour les rendre plus faciles , lorsque ces colonnes pourront se soutenir; je parle de celles qu'on eflëctuerait sur des ligues dopérations divergentes , que la figure définit. Je suppose une armée de 40 mille hommes en retraite, devant une autre de 60 mille. Si la première forme quatre divisions isolées , d'environ 10 mille hommes , l'ennemi , en manoeuvrant sur deux lignes

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