‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 13 sur 200 · CHAPITRE IX. ag · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. ag

de s'ouvrir un chemin à travers les bois , et d'y marcher par quatre , la cavalerie de franchir des haies et des fossés , et l'artillerie de se frayer une route avec la hache et la pioche : enfin , elles donnèrent sur le défilé de Borselsbaum, où elles défilèrent homme par homme. Heureusement qu'il ne parut pas un français pour défendre ce terrain et arrêter la marche.

Clermont s'apercevant enfin du projet de l'ennemi, porta les brigades de la Marine, de Touraine et deux régimens suisses, formant i5 bataillons, sous les ordres du comte de Saint-Germain, dans les taillis et les métairies; 3o escadrons furent disposés en échiquier pour les soutenir.

Après avoir franchi le défilé et le bois près d'Anradt , et s'être d'abord formé , le duc se remit en marche par lignes et par la dj^oite. L'infanterie se déploya en ]N ; la cavalerie se prolongea un peu plus loin , à l'exception des dragoDS deBork, qui restèrent derrière la droite de l'infanterie. Les hussards de Malachousky se portèrent àWillich pour couvrir le flanc de la cavalerie.

Une canonnade vive et soutenue commença l'action; au même instant les généraux Oberg et Sporken marchèrent à l'ennemi. Le prince héréditaire se mit à la tête de Tinfanterie, et pénétra dans le bois. Les Français, qui avaient tout Tavantage du terrain , se défendirent avec vigueur.

3o TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.

Le comte de ClermoDt Jugeant bien que le succès de la bataille dépendait de ce point, y dirigea la reserve des grenadiers royaux et de France, ainsi que la brigade de Navarre ; mais il était trop tard. Après trois heures d'un combat meurtrier, ses troupes commencèrent à se retirer du bois. Le duc ordonna alors à la cavalerie d'attaquer celle des ennemis qui avançait au galop au secours de son infanterie; il détacha en même temps 3 bataillons hauovriens pour soutenir celte cavalerie, et attaquer en flanc l'ennemi qui fuyait. Les dragons de Holstein franchirent le défilé , se formèrent en présence de la cavalerie française , et se jetèrent sur elle par escadrons. Les avantages qu'ils remportèrent leur furent bientôt arrachés par la supériorité du nombre; ils furent repoussés avec pei'te. Les 3 bataillons hanovriens s'étant avancés dans la plaine pour les soutenir, les carabiniers français les chargèrent impétuensement, mais ces bataillons attendirent la cavalerie avec sang-froid jusqu'à la distance de vingt pas , et lui fournirent une salve si meurtrière qu'elle prit la fuite : un seul escadron perça , et fut presque entièrement détruit.

Pendant ce combat , le reste de la cavalerie alliée s'étant formé au-delà du défilé , chargea celle des Français et la culbuta; le jeune duc de Gisors , voulut la rallier; mais victime de ses généreux elforts , il fut blessé morteliemeut.

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