CHAPITRE XV. 3o
grandes vues, et pins de résolution que dans les campagnes précédentes. Si le duc avait eu aPbire à un général actif et entreprenant, ses manœuvres, tant vantées par Tempelhof, eussent cause sa ruine.
Bataille de Minden,
La prise inattendue de Minden , en procurant aux Français une place d'arme» sur le Weser , assurait l'arrivage des subsistances tirées de Paderborn , et les mettait à même d'agir vigoureusement contre l'électorat de Hanovre dont la conquête paraissait immanquable.
Le maréchal de Belle-Isle , ministre de la guerre, vivement pénétré de celte idée, ne s'entretenait absolument dans sa correspondance âvecGontades, que des moyens de conserver cet électoral et d'empêcher une nouvelle évacuation. Mais les choses en étaient au point qu'une bataille seule pouvait décider du succès de celte campagne.
Songeant à prévenir les suites funestes que pourrait avoir la prise de Minden, Ferdinand quitta le camp d'Osnabruck dans la nuit du lo au 1 1 juillet , et se porta en trois marches à Stolzenau.
L'armée alliée n'ayant aucune place sur le Weser où elle put établir ses dépôts en sûreté , le duc jeta les yeux sur Bremen , et se crut autorisé à s'en emparer , par l'exemple que l'ennemi lui en
3o4 TRAITÉ DES GKA.XDES OPERATIONS MILITAIRES.
avait donné dans la campagne de i-jSS. A cet effet il détacha le général Drewes avec quatre régimens d infanterie par Vechte. Ce détachement y arriva <ians la nuit du i4 au i5, s'assura, au point du jour, de toutes les issues, surprit la garde des ouvrages avancés sans donner la moindre alarme, et pénétra dans la ville par stratagème.
De son côté , Gontades ne perdait pas de temps. La réserve du duc de Broglie se porta, le 12 juillet, à Minden , et fut remplacée au camp d'Engern par deux brigades d'infanterie, les grenadiers de France , les grenadiers royaux , et la brigade de cavalerie, Duménil. Une autre division d'infanterie et une de cavalerie, se portèrent à Goofeld ,1e 1 3 , et passèrent le Weser près de Minden le i4; elles remplacèrent la réserve du duc de Broglie dans le camp quelle venait de quitter pour se porter à Bukebourg, à deux lieues delà.
La grande armée partit de Hervorden le 14, et campa le lendemain près de Minden, laile droite à cette ville , la gauche à Hartenhausen ; le liane droit couvert par le Weser, le front par le ruisseau de Barle, et la gauche par le marais qui s'étend jusqu au-delà de Lubeke , ayant à dos la chaîne de montagnes qtii longe la Verra {pi. XXII). Le comte de Rougrave fut placé en avant dans la plaine entre Minden et Kuttenhausen , avec une forte division pour observer les alliés. Le comte de Saint-Germain, qui se trouvait ùBielefeld avec