CHAPITRE IX. 3l
Lorsque rinfanterie du duc Ferdinand eut réussi à chasser l'ennemi du bois , elle avança dans la plaine pour attaquer les bataillons qui arrivaient au soutien.
Le général Oberg avait pénétré jusqu'à l'entrée delà ligne àHukesmey ; rennemi voyant sa droite menacée par Sporken, et son flanc gauche tourné, abandonna ce poste ; Oberg franchit alors la ligne à Hukesmey avec son infanterie , à Stoeken avec la cavalerie , et rejoignit le duc.
Pour ne pas exposer son armée à une défaite totale , le comte de Glermont se retira à Nujs , et de là à Wohringen. L'armée alliée, trop fatiguée pour le poursuivre , campa sur le champ de bataille. La perte des Français fut estimée à 7 mille hommes; la cavalerie et surtout les carabiniers souffrirent considérablement : ce dernier corps perdit 5oo hommes et 60 officiers.
Tempelhof fait un pompeux éloge des combinaisons du duc Ferdinand dans cette journée , et les cite comme modèle. Une armée, de moitié moins forte que son adversaire , qui se divise en 3 corps pour l'attaquer et qui remporte la victoire , présente en effet un résultat étonnant , mais je crois qu'il serait dangereux d'en faire une règle ou un exemple.
L'auteur reproche au comte de Glermont, qui avait des forces supérieures, de ne pas avoir porté sur Aniadt un corps suffisant pour repousser les
tentatives de rennemi ; loin de là , le comte en retira la légion royale; cette irrésolution ne provient que du défaut de maximes solides. Les dispositions du comte , supposées pour la défense exclu^ve de son front, étaient d'ailleurs assex bonnes ; mais lorsqu'il fut convaincu , par le mouvement sur Anradt, que son flanc gauche et même le revers de sa ligne se trouvaient menacés, il n'aurait pas dû se borner à faire marcher 1 5 bataillons , il fallait y diriger toutes les réserves ; la lenteur des attaques de Sporken et d"0berg, indiquait assez qu'elles étaient simplement démonstratives, et qu'il pouvait porter la majeure partie de ses forces sur le flanc menacé. La cavalerie tarda trop à marcher : aussitôt que l'infanterie commença sou mouvement, elle aurait dû la suivre et se placer entre Willich et le bois, pour attaquer celle des alliés lorsqu'elle parut.
Tempelhof observe en outre très-sagement, que si un terrain coupé et fourré offre de grands avantages pour la défensive , il donne aussi à l'assaillant la facilité de cacher le point sur lequel il veut faire son plus grand effort , et que lorsqu'il est parvenu à y porter la majeure partie de ses forces , l'ennemi n'est plus en mesure de lui résister.
La manoeuvre la plus efficace que le comte de Clermont aurait pu opposer au mouvement du duc Ferdinand sur Anradt, eût été d'appliquer