‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 15 sur 200 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

les maximes données dans les chapitres III et V, sur le danger d'attendre une attaque dans sa position, et les avantages de l'initiative contre des troupes en mouvement ; il n'avait qii'à faire marcher son armée par lignes et par la gauche , et la prolonger sur la direction que prenait le duc ; la belle plaine et le terrain entre Willich et Anradt lui eussent facilité une telle manoeuvre, ainsi que l'emploi de sa nombreuse cavalerie. Un général qui aurait réfléchi sur les combinaisons des batailles de Soor et de Rosbach , et opéré sur des principes solides , n'eût pas manqué de prendre ce parti , dont il se serait certainement bien trouvé.

Je ne partage pas, d'ailleurs, l'admiration de Tempelhof pour les dispositions du duc , qui reposaient sur une triple attaque. Cet auteur manque ici lui-même de solidité dans ses principes, car il a attribué la perte de plusieurs batailles, notamment celles de Rollin et de Prague, à lintervalle qui existait dans les divisions : ce jugement est évidemment contradictoire avec celui quil porte sur la bataille de Crevelt. Sans doute l'ordre du duc , qui tendait à accabler une extrémité de la ligne ennemie , était bien combiné et absolument conforme aux premières règles de l'art, mais il employa un moyen dangereux et le seul point de vue sous lequel on puisse lui faire grâce, c'est qu'il était basé sur la connaissance du

caractère du comte de Clermout. La conduite de ce général, pendant toute la campagne, garantissait qu'il ne se déciderait point à un mouvement offensif contre les corps laissés en observation devant lui, et je doute beaucoup que le duc eut osé faire une semblable manœuvre devant un grand capitaine; mais dans cette hypothèse, il était encore inutile d'employer à des démonstrations un plus grand nombre de troupes qu'à l'attaque principale, et si l'on avait la certitude que le comte resterait dans sa position, au lieu de le faire inquiéter par 22 bataillons et 26 escadrons, on pouvait laisser le tiers de ces forces avec de l'artillerie sur son front, et lier le reste à la colonne dirigée sur Anradt , de manière que i4 bataillons et 16 escadrons eussent attaqué l'aile gauche , tandis que le duc débordait son flanc , et la prenait à revers. Au reste on doit rendre justice à l'exécution des mouvemens que les 3 colonnes eifectuèrent , il y régna l'ensemble le plus parfait.

Une circonstance remarquable , c'est que le duc marcha en plusieurs colonnes disposées pour déployer , aussi long-temps qu'il fut hors de portée de l'ennemi; mais , arrivé en M, il marcha par lignes et par la droite , avec distances entières , de manière qu'il put se former dans uu instant , par une simple conversion de pelotons.

Les opérations qui eurent lieu après la bataille, fiuent peu importantes. Les troupes légères pour-

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