‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 16 sur 200 · CHAPITRE Ili · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ili

suivirent reiiiieini le long du Rhin , et s'emparèrent du grand magasin de Nuys. Le duc de Holstein se porta dans le duché de Juliers, avec i3 escadrons; poussa des détachemens jusqu'aux portes de la capitale, et mit à contribution le pays entre la Meuse et l'Erft.

Le prince héréditaire fut détaché , le 2'^ , avec iiiie division , pour s'assurer de la Meuse et de la rive droite du Rhin, en s'eraparant de Rureraonde , place revêtue d'un simple rempart de terre. Après avoir rempli celte mission , le prince avança jusqu'à Wassenberg, pour s'opposer, de concert avec le duc de Holstein, aux entreprises de l'ennemi sur la Meuse , couvrir le flanc droit , et faciliter les incursions qu'on voulait entreprendre dans le Brabant.

D'un autre côté, Dussèldorf fut investi et capilulale 7 juillet. Le duc campa, dès le 2, sur les hauteurs de Hausdik , afin de menacer le flanc gauche de l'ennemi, et s'emparer de Juliers. Le prince héréditaire , réuni au corps du duc de Holstein , fut posté, à cet effet, le 7 juillet, à Fitz, à une lieue de cette ville , et l'armée suivit , le 9 , jusqu'à Grevenbrock ; d'un autre côté , la place de Wesel , gardée par 4,5oo Français , fut bloquée (1).

Tel fut le résultat des premières opérations sur

(i) L'armée française campait près de Cologne.

le Rhin; elles furent si étroitement liées à celles du roi , qu elles empêchèrent le prince de Soubise d'agir contre lui en Bohême avec 25 mille hommies; et contribuèrent ainsi aux premiers succès de cette campagne.

Il faut convenir que ces opérations intéressent sou s bien des rapports. Une des plus belles armées que la France ait mises sur pied, perdit, dans quelques mois, des provinces immenses; fut à moitié détruite , pour s'être répandue sur une ligue de 80 lieues , depuis Cassel jusqu'à Tembouchure du Weser, et laissée attaquer dans une situation pareille, par un ramassis de troupes de dix princes différens , loin d'avoir les qualités des troupes manœuvrières de Frédéric.

L'armée soutint ces revers avec une constance d'autant plus admirable , que généraux, officiers et soldats en connaissaient la source , et n'eu pouvaient trouver le terme dans leur dévouement et les elTorts de leur bravoure. Le Français en lisant ces pages fatales de son histoire militaire , sentira en les comparant avec les dernières guerres, ce que peut la nation lorsqu'elle combat pour une cause digne d'elle , et que ses armées sont dirigées pai^ des hommes capables.

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