‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 167 sur 200 · CHAPITRE XVII. 00 J · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII. 00 J

ses, et l'infanterie ainsi battue fut forcée à se retirer près de Kay ; sa retraite entraîna celle de la cavalerie , qui avait chargé avec succès l'infanterie ennemie de la droite.

Les Prussiens avouèrent 6 milie hommes hors de combat; ils regrettèrent surtout le général WopersnoAv. La perte des Russes fut à peu près égale. La bataille dura depuis quatre heures du soir jusqu'à sept. Le général Wedel à la faveur de la nuit revint en arrière du défilé de Kay , et réunit ses colonnes à Mohsau; il passa TOder le jour suivant près de Ticherzig , et vint camper à Savada, d'où il se porta ensuite à Logau; c'est là qu'il reçut l'ordre de joindre le roi , comme nous l'avons dit au chapitre précédent.

Les Russes ne surent pas tirer parti de leur victoire : tous leurs avantages consistèrent à faire occuper Grossen, le 26 , et à se réunir ensuite au corps autrichien qui devait les renforcer.

Par une circonstance assez bizarre , Wedel , qui avait voulu imiter Frédéric à Rosbach , fut battu par les causes qui lireiit perdre cette bataille à Soubise; en effet, c'estpour n'avoir engagé que des bataillons isolés ou des têtes de colonnes à distances, contre une masse de troupes formées, qu'il échoua; car d'ailleurs son plan était conforme aux principes, et ce fut un vice d'exécution qui le fit tourner à l'avantage des Russes. On ne saurait adresser de grands repioches au général

prussien; il n'était arrivé à l'armée que la veiUe: cependant on ne conçoit pas que campé si prèsdes Russes, il leur ait laissé faire un mouvement aussi long que celui de Langmeil à Palzig, sans l'apercevoir ou s'y opposer ; on s'étonne qu'il n'ait pas eu assez de temps pour reconnaître le terrain , et savoir qu'un défilé le séparait de l'ennemi. Dans ce cas, en persistant dans son projet, il était indispensable, pour mettre simultanément en action une assez grande quantité de troupes, de faire les attaques en colonnes par bataillon , et de former des colonnes serrées sur le centre pour le passage du défilé. Au lieu de cela , l'armée marchant à distances entières par la gauche, employa beaucoup de temps à franchir le défilé et à former une ligne; ce qui procura aux Russes, les moyens d'opposer à des corps isolés, des lignes formées et bien soutenues.

Il me paraît , d'ailleurs , que Wedel mit trop de précipitation dans son entreprise : la relation donne à croire qu'il ne connut le mouvement de l'ennemi par Palzig sui' Crossen, que lorsqu'il n'était plus temps de l'empêcher , à moins de côtoyer l'Oder par JNetkau , ce qui eût été le comble de la témérité. Il fallait donc ou se décider à repasser l'Oder de suite pour essayer deleprévenir à Crossen par la rive gauche, ou attendre le lendemain matin, pour l'attaquer , en faisant dans la nuit tous les mouvemens préparatoires. Les Prus-

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