‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 181 sur 200 · CHAPITRE XTII I · texte numérisé non relu

CHAPITRE XTII I

prévenu de ce mouvement , craignit que le prince Henri n'interceptât leurs communications avec l'Oder et la Pologne , et résolut denlever le corps de Ziellien, pour faire une diversion ou ôter au prince les moyens de rien entreprendre. Le général Beck devait partir de Wiesen pour s'emparer du défilé de Buschmulile , sur la route de Sagan et sur les derrières des Prussiens; le prince Esterliazy devait se diriger de Sommerfeld sur leur flanc droit , tandis que le maréchal , avec le corps principal , les attaquerait de front. Des obstacles ayant retardé l'arrivée de Beck , l'expédition échoua. Ziethen eut le temps de se replier sur le prince Henri, qu'il joignit à Sagan. Daun vint camper à Sorau, Beck vers Wolsdorf , couvrant et éclairant l'armée.

De son côté , Frédéric informé du départ des Puisses, avait quitté aussitôt le camp de Furstenwalde , et s'était porté , le 3i , à Woldau , sur la route de Lieberose à Lubben. Par cette marche habile, il couvrit à la fois Lubben et Luckau, points centraux de ses communications avec Berlin , et avec la Saxe et la Lusace ; un parti fut poussé sur Lubben et Vetschau dont les environs étaient infestés de troupes légères ennemies. Cette position du roi fit craindre à Haddick que son intention ne fïit de couper ses communications avec l'armée autrichienne , et , pour l'en empé-

4l4 TRAITÉ. DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.

cher , il quitta Lambsfeld, marcha entre Peitz et Colthus, et fila ensuite jusqu'à Kahren, le 5.

Daun reçut, le même jour, la nouvelle de la reddition de Dresde. 11 ordonna alors au corps de Haddick de marcher en Saxe , pour se réunir avec l'armée des Cercles, afin d'assurer ses conquêtes , et d'opérer ensuite avec sûreté contre la Silésie.

La prise de Dresde fut annoncée , le 6 septeml)re , à l'armée russe. Frédéric, qui ne connaissait encore que les premiers succès de Wunsch , ne désespéra pas de sauver cette place , et détacha Finck, avec g bataillons et in escadrons, pour aller se réunira ce corps et en prendre le commandement. Les instructions du premier lui prescrivaient de suivre Haddick sur le flanc, d'empêcher sa réunion avec l'armée des Cercles, et de l'attaquer à la première occasion. Il partit, le 7, et arriva, le 9, à Grossenhain ; apprenant ici la reddition de Dresde et la jonction de Haddick, il ne lui resta plus d'autre parti que d'aller vers Torgau y rallier Wunsch, et suspendre les progrès rapides des alHés en Saxe.

Pendant tous ces événemens sur le grand théàti'e des opérations, il ne se passait rien d'important dans la Haute-Silésie entre les corps de Fouquet et de Harsch. Après plusieurs mouvemens, ils reprirent poste , les Autrichiens à Trautenau ;

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les Prussiens sous Gollz à Landshut, et sous Stutterheim à Schmotseifen, pour observer DeviJIe stationné à Marclissa.

La situation générale des affaires et la concentration des alliés dans la Basse-Lusace semblaient présager des événemens décisifs. Jamais Frédéric ne fut dans une situation aussi désespérée; mais Daun n'était pas homme à en profiter. Une opération hardie lui faisait perdre contenance; ses esjDérances les mieux fondées dégénéraient en inquiétudes ridicules. Tel fut l'effet que produisit sur son esprit le mouvement du prince Henri sur Sagan.

Lorsque ce prince reçut, dans cette ville , l'avis de la marche des Russes vers la Saxe , et de la position que le roi avait prise, il sentit qu il n'avait pas un moment à perdre , et qu'il fallait gagner cette province. Il résolut en conséquence de tourner l'ennemi par Buntzlau et Gorlitz, et de tomber sur la Haute-Lusace que le général autrichien avait dégarnie. L'armée partit, le 4? de Sagan, et arriva, le 7, près de Lowenberg où elle joignit le corps de Stutterheim : Ziethen fut détaché sur Marclissa avec 1 1 bataillons et 2 5 escadrons pour chasser Deville de Lauban , et détruire les magasins que ce général couvrait ; Stutterheim se porta 3 le 9 , sur celui deFriedland

4i6 traité: des grandes opérations militaires, qu'il CDleva. Le priDce Henri marcha ce même jour à Lauban, etDeville se retira à son approche sur Gorlitz, où il fut joint par le corps de Beck , qui se retirait Je Rothvvasser. L'armée prussienne alla camper, le 12, à Gorlitz; Ziethen occupa le Laudscrone; Stulterheimprit position entre Pvadmeritz et Seidenberg pour couvrir la gauche de l'armée , et les Autrichiens se retirèrent sur Bautzen.

A peine Daun eut-il connaissance des mouvemens du prince Henri, qu'il mit le comble aux fautes qu'il avait déjà commises dans cette campagne : il quitta le camp de Sorau et marcha d'abord àSpremberg, dans l'espoir de couvrir ses conquêtes en Saxe, et conserver l'ensemble de ses opérations avec les Puisses; mais lorsqu'il apprit que le prince Henri avait formé une entreprise offensive , et qu'il menaçait ses corps détachés ainsi que ses magasins , il rabattit beaucoup de ses projets et ne songea qu'à son dépôt de Bautzen : sans s'embarrasser des suites que cela devait avoir, il se mit en marche, le 12, et vint camper le i3 septembre, à Teichnitz. Afin de ne pas perdre ses communications avec les Russes, et observer le roi, il ordonna néanmoins à Haddick de détacher Wehla près de Iloyerswerda , vt le général Palf^ vers Spremberg. Beck dut se porter sur Friedland, afin d'empêcher les incursions des Prussiens.

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