‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 182 sur 200 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Dès que les Impériaux prenaient une direction tlivergente, Frédéric pouvait tout espérer, et cette dernière bévue de Daun rétablit en effet ses alfaires. Lorsque Soltikof eut connaissance du mouvement rétrograde de l'armée autricbienne , il éclata en reprocbes , et voulut sur-le-champ se retirer sur Crossen. Le marquis de Montalembert , envoyé de France à l'armée russe , parvint , il est vrai, par ses prières et ses représentations, à calmer Soltikof, et le décida même à faire le siège de Glogau; mais les torts de Daun n'en étaient pas moins réels, et les effets irréparables. Le général russe exigea un nouveau renfort, Dauu lui détacha, à regret, le i5, un corps de lo mille hommes sous les ordres de Gampitelli, qui partit du camp de Bautzen , et rejoignit par Muska , l'armée russe.

Presque tous les généraux jugeaient convenable de repasser l'Oder à Crossen , et d'opérer sur la rive droite de ce fleuve, afin de se rapprocher des dépôts; cependant les instances du marquis de Montalembert et la nouvelle du renfort autrichien, décidèrent Soltikof à se porter sur Chrislianstadt. 11 partit , le 1 8 septembre , de son camp de Guben, et vint s'établir , le 21 , à Christianstadt sur la rive droite du Bober où il fut joint par Gampitelli. Laudon couvrit l'armée dans ce mouvement , et alla prendre poste à Freystadt.

Frédéric , qui n'avait pas observé la marche des 2. 27

4l8 TRAITÉ DKS GRANDES 0PÉRAÏI0?<S MILITAIRES-

Russes de Liberose à Gubeii, partit, le 16, pour Wetschau, et campa, le 17, à Cottbus. Il paraît qu'il eut le dessein de se porter contre Daun , présumant que les Russes allaient repasser l'Oder; mais apprenant qu'ils restaient sur la rive gauche et avaient l'intention d'assiéger Glogau , il résolut de les attaquer. L'armée se porta, le 19, à Forste, et le 20 àSchœnwalde; d'ici le roi manda au prince Henri et à Fouquet, de lui envoyer toutes les troupes disponibles. Frédéric ayant poussé sur Sagan une reconnaissance qui replia le faible détachement qui s'y trouvait, s'établit le 21 au matin, la gauche sur le Galgenberg, vers la ville, la droite à Elkendorf.

Cette belle marche acheva de rétablir ses affaires; elle le mit en état de se lier avec le prince Henri afin de sauver Glogau, et rompit pour toujours l'ensemble des opérations de ses ennemis. Les Russes à Christianstadt , et les Autrichiens à Bautzen , avaient entreux la masse des Prussiens qui occupaient les deux positions intérieures de Sagaji et de Gorlitz.

Informé, le 21, que Frédéric marchait sur la direction de Glogau, Daun, résolut dagir avec toutes ses forces contre le prince Henri, pour le repousser de la Haute-Lusace , en Silésie , et sassurer ainsi la possession de la Saxe. A cet effet, il porta le général Odonell à Reichenbach avec les grenadiers à cheval; l'armée suivit , le 23 au ma*

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