‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 183 sur 200 · CHAPITRE XYIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYIII

tiu , et campa près de cette ville. Dauu poussa une reconnaissance sur le Landscrone , près de Gorlitz , et résolut d'enlever le corps de Zietlien , quand cela n'était plus en son pouvoir.

L'intérêt que les Autrichiens attachaient à la conservation de Dresde et à la conquête de la Saxe, démontré par toutes leurs opérations, ne pouvait échapper au prince Henri, qui voulant éloigner l'armée de Daun de laSilésie, et donner au roi les moyens d'opérer en sûreté , jugea qu'eu gagnant la gauche de l'ennemi et menaçant Dresde , il Tohligerait à se diriger sur l'Elbe.

Le 23 septembre , le prince se mit en mouvement, et , après une marche forcée , arriva le 25, au point du jour, près de Hoyerswerda. Le prince ayant appris que le général Wehla se trouvait encore en observation derrière TElster, chercha aie surprendre, fit faire halte, dans les bois, à sou avant-garde , et porta sur les flancs de forts détachemens de cavalerie pour gagner et couper l'ennemi , tandis que lavant-garde marcherait sur la ville.

L'opération fut parfaitement exécutée; dès que la cavalerie eut passé la rivière , elle se forma par escadrons et chargea vigoureusement les Autrichiens qu'elle dispersa. Une partie du corps réussit à gagner les bois, Wehla fut pris avec 1,600 honunes.

Cette marche lapide du prince Henri qui fit,

4^0 TRAITt; DES GRA>ÛES OPÉRATJO.NS MlLlTAlfU'.^.

avec l'attirail des magasins , vingt lieues en deux jours au milieu des armées ennemies , est une des plus belles opérations de cette guerre. Lorsque Dann eut connaissance du départ des Prussiens , il se porta, le 25, sur Gorlitz, afin de reconnaître le but de leur mouvement; informé alors qu'ils s'étaient dirigés sur Hoyerswerda , il retourna le même jour à Bautzeu pour couvrir Dresde au besoin.

Deux jours après son arrivée à Hoyerswerda, le prince Henri fut prévenu que l'armée des Cercles réunie à Haddick, devait avoir attaqué et repoussé le général Finck de Meissen; nous allons rendre maintenant compte de cette opération en reprenant les choses de plus haut.

Nous avons vu que Finck s'était réuni , le 1 1 septembre, au corps de Wunsch. Le lendemain, ces deux généraux se reportèrent eu avant ; après avoir occupé Euleubourg et Leipzig, où ils prirent 3 bataillons ennemis , ils se dirigèrent sur Dobeln et Meissen. Dès que le duc de Deux-Ponts en fut informé , il résolut d'aller les y attaquer , mais il jeta assez inutilement i6 bataillons dans Dresde , qu il aurait pu aisément confier à un corps moins nombreux. Le corps de Finck campait vers Rorbitz, et y fut attaqué le 21 septembre , par les Autrichiens, aux ordres du général Haddick; Wunsch occupait les hauteurs de Siebcneichen, où l'armée des Cercles s'amusa toute

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îa journée à le canonner. Après un coinhat peu important, le général Finck repoussa renuemi avec perte d'un millier clhommes , et l'armée impériale retourna à son camp de Wilsdruf.

Le prince Henri , m'A informé d'abord de 1 issue de cette affaire , se mit en marche , le 28 , pour joindre Finck; arrivé le 29 à Elsterwerda , il y apprit alors le résultat d'un combat livré huit jours auparavant, et dont il aurait dû avoir connaissance dans les vingt-quatre heures. Il persista néanmoins dans son projet de jonction, et résolut de passer l'Elbe entre Meissen et Strehleu; l'armée campa donc , le 2 octobre, vis-à-vis de Torgau , l'avant-garde à Belgern.

Sur ces entrefaites, Dauu comptant prévenir le prince Henri sur TElbe , avait quitté son camp de Bautzen pour marcher sur Dresde , où il arriva le 29. L'armée des Cercles s'était retirée derrière le val de Plauen; celle des Autrichiens campa près de Resselsdorf, où elle séjourna le 3o , pour attendre ou couvrir ses parcs et les corps détachés. En attendant, Daun reconnut journellement la position de Finck, qu'il voulait accabler avant l'arrivée du prince Henri : latlaque fut fixée au 2 octobre; mais lorsque les Autrichiens se mirent en mouvement , ils ne rencontrèrent plus l'ennemi , Finck avait décampé en silence dans la nuit, et se trouva posté vers 7 heures à Strehlen.

422 TRAITÉ DES CRAiNDES OPERATIONS MILITAIRES.

Le 3 , Dauiî se porta sur sept coloiiDes à Lommatsch : Brentano inquiéta le camp tle Strehlea. De son côté , le prince Henri passa TElbe le même jour à Torsfau , campa à Belgern et arriva le 4 octobre à Strehlen, où il se réunit enfin avec le corps de Finck : Tannée consista alors en 53 bataillons et io3 escadrons. Le général Bulow fut posté avec sa division à Eulenbourg pour comiduniquer avec Leipzig.

Daun vint le même jour à Heyda ; son armée n'avait pas moins de 64 bataillons, de 76 escadrons de grosse cavalerie, sans compter les hussards, rinfanterie croate, le corps de Brentano, celui de Gemmingen ni l'armée des Cercles. Gemmingeu, avec 8 bataillons et 10 escadrons , couvrait la gauche à Seerliausen ; Esterhazy, avec les troupes légères, à Hof; le corps de Haddick fut amalgamé avec l'armée, et le général se retira.

Le maréchal autrichien avait enfin reçu de sa cour Tordre d'attaquer le prince Henri; mais se souciant peu de courir les chances d une bataille, il préféra obtenir l'évacuation de la Saxe , par des manoeuvres , que de la gagner les armes à la main. 11 crut qu'en menaçant les magasins de Torgau, il forcerait les Prussiens à quitter la position de Strehlen , et qu'il les couperait aisément de Wittenberg et de Magdebourg. Ces petits moyens lui parurent plus conformes à sa maxime favorite, qui était d'aller lentement , mais à coup

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