CHAPITRE XVIII
sûr^ et il forma le dessein de se prolonger insensiblement par sa gauche , afin de gagner l'extrême droite du prince, et de l'attaquer ensuite à revers; ce fut dans cette vue qu'il exécuta les mouvemens suivans :
Le 5 octobre , Esterhazy se porte à Ratzen.
Le 6 L'armée à Hof, en présence du prince ; les postes des
deux armées séparés pai' le ruisseau qui coule à Schonewitz et Borna.
Daun convoqua un conseil de guerre pour délibérer s'il convenait d'attaquer les Prussiens dans leur position. Les avis y furent si partagés qu'on se sépara sans avoir rien arrêté.
Le 8 Esterhazy campe à Lampertswalde.
Le 13 Geramingen et Brentano , renforcés par les grenadiers
à cheval, sous les ordres de Buccovv , marchent n Dahlen , et cherchent à enlever le corps de Rebentisch , qui avait remplacé Bulow , et se trouvait à Schilda le r3 au matin. Brentano se porte près de Sernewitz, et lui coupe la route de Strehlen et Torgau.
Le i5 Buccow se dirige sur Schilda; Rebent'.sch trop faible
se replie à temps à Wildschutz , d'où il se replie à l'entrée delà nuit sur Torgau.
Par ces opérations, lentes à la vérité, mais d'autant plus prudentes , le général autrichien approchait insensiblement de son but. Cependant ses combinaisons avaient le défaut de laisser tour jours à son adversaire le temps de lui opposer des contre-mouvemens efficaces. Daun pouvait être rendu le 7 , au même point où il n'arriva que le
j5, en marchant par lignes et par la gauclie, campant à Dahlen et pou ssant Buccow sur Schilda ; car le prince Henri eût été forcé de l'attaquer ou cle se retirer à Torgau; le maréchal craignit de hasarder un mouvement sembla])le qui navait pourtant rien de bien difficile.
Aussitôt que le prince Henri sut , le 1 6 au matin , que Rebentisch avait été forcé de se retirer sur Torgau, il partit de Strehîen pour prendre près de cette première ville la forte position deSiptitz. Le prince craignant une entreprise sur Leipzig , détacha Finck avec i4 bataillons et 25 escadrons àEulenbourg, pour entretenir les communications; ce corps campa, le ig, à Groisch au-delà de la Mulde.
Daun séjourna le i^, les carabiniers occupèrent le camp des Prussiens , et le général Esterhazy les suivit avec les troupes légères. L armée autrichienne campa , le 18 , à Strehleu, et le 19 à Belgern.
Le prince Henri établit la brigade de Schenkendorf à cheval sur l'Elbe , près de Werda , afin de couvrir et d'éclairer larmée. Apprenant que Daun se disposait à l'attaquer, il rappela Finck , et ne laissa dans Eulenbourg que 2 bataillons et 12 escadrons. On concevra difficilement que les Autrichiens ne se soient pas opposés à ces mouvemens, chose qui leur était très -facile, puisqu'il ne s'agissait que de porter la forte divi-