CHAPITRE XVI II
siou de Buccow , de Schilda , par la gauche , aux environs de Strehlen, et de la faire remplacer parlarmëe.
La lenteur de Daun devait faire échouer ses plans les mieux conçus. Cependant songeant toujours à déloger les Prussiens de la redoutable position de Siptitz,il mit en mouvement Varmée des Cercles, stationnée depuis si long- temps à Dresde ; le 18, les troupes légères de Rleefeld et Ried s'approchèrent deTorgau; le duc de Deux- Ponts arriva , le 21 , à Grossenhain.
Le 22 , Daun se rendit de Belgern à Schilda sur six colonnes (1). U remplaça Buccow par le duc d'Ahremherg, à qui il ordonna de porter sa division sur Strehlen, afin de couper les communications des Prussiens avec Eulenbourg et Leipzig. Le 23, Gemmingen marcha avec 6 bataillons et 10 escadrons sur Eulenbourg.
Daun conçoit alors le projet d'envelopper le prince Henri : à cet elfet le duc de Deux-Ponts se porte, le 25 , à Peritz, le général Ried à Rosdorf, Palfj à Ubigau; un pont est jeté sur l'Elbe à Leuwitz, pour entretenir la communication de ces corps avec la grande armée. D'un autre
(i) Cette méthode de marcher sur vm grand nombre de colonnes pour déployer , est contraire aux ordres de marche indiqués dans le chapitre V. Elle exigeait un temps considérable , et c'est ce qui donnait tant de peur aux Autrichiens d'être attaqués dans un mouvement.
côté, le duc d'Ahrember£^ est dirigé sur Doraluitsch , et Gemmingen à Duben sur les derrières des Prussiens : le général Guasco avec 5 bataillons et 5 escadrons s'établit à Schilda, afin d'entretenir les communications du duc avec l'armée.
Ce morcèlement eut le résultat qu" il fallait en attendre. Le duc d'Aliremberg se portant, le 25 , à Malitsch, donna sur le corps de Finck, que le prince Henri avait détaché sur ce point.
Le 26 au matin , le prince après avoir reconnu la position du corps d'Aliremberg , se décide à le tourner. Le général Wunsch reçoit ordre de se porter avec 5 bataillons et 10 escadrons sur Wittenberg, en longeant la rive droite de l'Elbe, de repasser sur la gauche , d'attirer à Remberg le général Rebentisch, et d'attaquer à revers l'ennemi conjointement avec lui, au moment où le corps de Finck l'abordera de front.
Sur ces entrefaites, Odonell avec 5 bataillons et 1 5 escadrons avait renforcé le corps de Guasco , destiné à soutenir le duc d'Aliremberg , lequel devait partir pour 'Wittenberg, le 28 a huit heures du soir, et ne se mit en marche que le 2g au matin avec ses troupes , celles de Gemmingen et dOdonell.
Ce jour avait été marcpié par le prince Henri pour l'exécution de son dessein ; lorsqu'il eut avis du départ de l'ennemi , il lança Finck et Wunsch à sa poursuite; le premier ne put l'atteindre.
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Wiinscîi, plus heureux., rencontra les postes du ge'nëral Gemmin£;en au défilé de Merckwitz : Tapparition subite des Prussiens sur les derrières , tourna la tête au duc d Aliremberg, qui se retira avec précipitation sur Duben par la forêt de Tor~ gau : Geinmingen ne cherchant plus qu'à le suivre et à gagner Duben, détacha 2 mille grenadiers , sur les hauteurs près du bois de Sackwitz , alhi de protéger la retraite, qui s'opérait en désordre. Les grenadiers n'étaient encore qu'à micôte , lorsque la cavalerie prussienne parut sur le sommet, les chargea avec impétuosité, les culbuta, prit le général Gemmingen avec 1,400 hommes, sabra et dispersa le reste.
Les généraux Wunsch et Rebentisch campèrent à Mairo , et se réunirent, le 3o, à Finck. D'Ahremberg fut joint à Duben par Odonell , qui accourut trop tard à son secours, et ils se retirèrent ensemble à Eulenbourg. Les Prussiens campèrent, le 3i , à Duben.
Le maréchal Daun parut fort mécontent de la conduite de ses généraux, bien qu'il fût la première cause de cet événement, en s'occupant à fortifier un camp, au momeïit où il détachait de grosses divisions au milieu de l'armée prussienne. Comment accorder une telle pusillanimité avec l'audace de jeter 28 mille hommes au loin sur les derrières d'un général habile? Ce corps se trouvait éloigné de 4 lieues delà grande armée et se-
paré d'elle par la foret de Torgau; ce qui est plus inexplicable, c'est qu'on \j laissa trois jours, n'ignorant pas que l'armée prussienne était à portée de l'accabler.
Le marécbal Dauu perdit une belle occasion d'attaquer le prince à l'arrivée du duc d'Abreoiberg à Dommitscli ; il devait alors se porter sur lui du côté des hauteurs de Siptitz vers Leswig , et combiner ses efforts avec ceux du duc qui aurait pris l'ennemi à revers; toutes les chances étaient en sa faveur , puisque rien ne l'empêchait de se retirer sous le canon de Dresde sans rien perdre , tandis que le prince Henri courait les plus grands risques, et n'avait de retraite quesurMagdebourg et Berlin; mais son inaction dénatura les résultats d'une combinaison qui devait être exécutée avec vigueur.
Avant de donner la suite des opérations en Saxe, reprenons celles du roi et de l'armée russe sur l'Oder.