‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 194 sur 200 · CHAPITRE XX. 4^J · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX. 4^J

pas difficile de prononcer, si le moment était alors plus favorable pour abandonner le sort de la Saxe à celui de la place de Dresde.

On ne saurait explicpier davantage l'opiniâtreté de Frédéric à rester quatre mois en Silésie , soit vers Landsliut , soit au camp de Schmotseifen , tandis que Daun , menaçait la Lusace et séparait son armée de celle du prince Henri. Il importait fort peu de couvrir tous les villages de la Silésie; cette province n'était-elle pas assez bien gardée par ses huit forteresses? Ce qu'il fallait faire alors, c'était de rejeter Daun de Marclissa , vers Olmutz, ou Prague , suivant que cela aurait paru plus facile.

Une faute bien plus grave encore , c'est d'être resté au camp de Schmotseifen pendant les mois de juillet et d'août, lorsque Daun morcelé, avait des détachemens vers Dresde , sur 1 Oder , à Marclissa et à Pribus. Le roi dit, dans ses oeuvre», que ce camp devait résister à 80 mille Autrichiens; soit: mais je ne comprends pas comment on peut faire face à une armée , marchant dans la direction de Francfort, lorsqu'on reste paisiblement en Haute-Silésie , aux confins de la Bohême. En effet, le camp de Schmotseifen faisant front aux montagnes, ne mit aucun obstacle aux mouvemens qu'il plut à Daun d entreprendre pour aller à la rencontre des Russes.

La conduite de Frédéric , dans les opérations

relatives à ceux-ci, ne se montre pas sous un meilleur jour. Au lieu d'envoyer au cornte Je Dohna un simple renfort de l'armée de Saxe, qui ne suffisait pas pour empêcher de perdre la bataille de Ray , il aurait du faire marcher le prince Henri avec la majeure partie de cette armée, pour livrer la première bataille à Soltikof. Dans cinq marches, ce prince pouvait réunir sur l'Oder ses '60 bataillons et /\o escadrons, aux 27 bataillons et 5o escadrons de Dohna , pour attaquer les Puisses , entre ce fleuve et la Warlba , avant que les Autrichiens pussent les joindre. Frédéric, mécontent des opérations du comte de Dohna , et se disposant à réunir ses forces contre les premiers, ne devait pas engager AVedeî partiellement, au moment où le prince Henri etFinck se dirigeant vers lui, promettaient d'opérer à quelques jours de là , un effort simultané et décisif. 11 fallut bien effectuer celte réunion après la bataille de Ray; pourquoi donc ne pas la faire avant? C'était une faute répréhensible, que de laisser opérer la jonction des Autrichiens et des Russes , si facile à empêcher. 11 est des circonstances à la guerre où l'on prend le change sur le but des raouvemens de l'ennemi, et sur les moyens qui! emploiera pour y arriver; mais ce n'était pas ici le cas : le roi convient lui-même qu'il devina, dès le principe , que Daun voulait porter le corps de Haddick sur TOder , et en effet la direction des

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