‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 195 sur 200 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

mouvemens de ce général l'annonçait. Le prince Henri était à Sorau, lorsque les Autrichiens se trouvaient en arrière de Pribus ; comment le prévinrent-ils à Sommerfeld et à Guben? Le long séjour de ce prince à Bautzen , le corps qu'il y laissa , aux oi'dres de Finck , et qu'il rappela bientôt après , prouvent également que les Prussiens ne surent point prendre un parti décisif et vigoureux. Ce n'est pas dans des circonstances semblables, que l'on fait dix ou douze détacheraens sur ime ligne d'opérations : il fallait se rassembler, marcher à l'ennemi , et l'on aurait battu en détail les corps qui s'avançaient sur l'Oder en tâtonnant.

Je ne dirai plus rien de la bataille de Kunersdorf; dont on a déjà fait l'examen à la fin du chapitre XVIL Bien que le roi l'ait perdue, ses combinaisons lui feront toujours honneur; son ame , retrempée par le malheur , reprend toute son énergie. Ses manoeuvres après sa défaite méritent , ainsi que celles du prince Henri , un juste tribut d'éloges : non parce qu'elles réussirent, car ce résultat fut le fruit des fautes multipliées de Daun; mais parce que, dans le cas même où les Autrichiens seraient parvenus à les déjouer, comme cela semblait facile, elles étaient conformes aux principes. Elles rétablirent en effet la direction intérieure des lignes d'opérations des Pînctsiens j et isolèrent au cojitraire lews ennemis.

La fin de la campagne offre encore plu's cjiie le commencement , d'étonnans contrastes dans la tournure des evenemens , comme dans l'application des principes de Tart. Après une bataille des plus meurtrières , et une défaite totale, Frédéric accumula succès sur succès , parce cfue ses ennemis.ne commirent que des fautes. Lorsque l'armée russe fut retournée en Pologne , que la position du roi devint aussi avantageuse quelle avait été critique auparavant , il n'essuya plus que des revers. L'affaire de Maxen doit être attriiiuée en partie aux fautes de Finck : une circonstance qui dépose contre la fermeté et la présence d'esprit de ce général , c'est Tordre qu'il donna à Wunscli de revenir avec la cavalerie qui avait déjà échappé ; il eût dû suivre ce corps plutôt que de le rappeler; car, au pis aller, il avait toujours le temps de se rendre avec les bataillons qui n'auraient pu se sauver. Finck aurait dû aussi tenler de se retirer par Glashutte et Frauenstein , ou de se jeter en Bohème par Gishubel, pour venir ensuite joindre l'armée par le Basberg , ou tout autre route. Néanmoins , on remarque avec surprise que Frédéric, qui a fait dans son instruction aux officiers-généraux un long chapitre sur le danger des grands détachemens, en ait envoyé un de 18 mille hommes sur les derrières de l'ennemi, sans prendre la précaution de le soutenir. Ce corps

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