‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 197 sur 200 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

beaucoup d'honneur, s'il n'avnit commis la faute de morceler ses troupes en i3 divisions isolées. Au lieu de suivre un tel système , il fallait laisser Tarmée des Cercles agir pour elle-même et profiler de Texpéditiou du prince Henri en Franconie, pour réunir dix de ces divisions et attaquer le roi en Silésie, que l'arrivée des Russes eut plongé dans le plus grand embarras.

Sans doute il était plus prudent d'attendre les Russes ; mais pouvait-on de bonne foi compter que Frédéric restât dans linaction , pendant quatre mois? et ne devait-on pas craindre au contraire qu'il ne profitât de leiu' éloignement pour réunir ses forces et combattre les Autrichiens isolément? 11 neconvenait donc point de se morceler.

Pour empêcher Frédéric de communiquer avec le prince Henri, il fallait mettre en mouvement une masse suffisante : on ne menace pas des communications en gardant une position , parce qu'il y a toujours moyen de passeï^ à droite ou à gauche; si le roi ne profita pas des fausses mesures des alliés, ce fut une faute, parce qu'il perdait dans la défensive toutes les chances que les Autrichiens y gagnaient.

Le maréchal Daun àMarclissa, avait des détachemens depuis Troppau en Haute-Silésie jusqu'à (Àilmbach en Franconie. Ce malheureux système de tout couvrir, devait-il être celui d'une puissance formidable comme l'Autriche, envers un

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roi presque sans ressources réelles? La guerre d invasion est surtout avantageuse lorsqu'elle est dirigée contre un pays de peu d'étendue , et dont les ressources principales se trouvent sur le théâtre même des opérations; les ennemis de Frédéric méconnurent cette vérité , car autrement il neùt jamais fait plus d une campagne.

Daun mérite des reproches sévères , pour n'avoir tiré aucun parti de la belle position qu'il eut après la bataille de Kay. Les Russes étaient, le 28, à Crossen; Haddick à Pribus , larmée autrichienne à Marclissa : le prince Henri se trouvait vers Sagan avec un faible corps, et Wedel s'était retiré à Logau. Le maréchal devait se porter à marches forcées sur Sagan et y attaquer le prince , tandis que Haddick gagnait Sommerfeld ou Christianstadt. La réunion de 60 mille Autrichiens sur ce point, l'eût mis à même de pousser le prince Henri devant lui , et de le jeter sur l'armée russe en le coupant de celle du roi. Ce mouvement aurait été à moitié terminé avant que Frédéric pût en être informé, et une division autrichienne serait restée à Lauban, pour lui donner le change et retarder sa marche. Daun exécuta bien un peu plus tard son mouvement sur Pribus, sans que le corps prussien campé à Schmotseifen s'en inquiétât.

Nous arrivons maintenant à l'examen de la période la plus extraordinaire de toute celte guerre;

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