CH AP ITRE IX. OD
soudre à un siège ou à la prendre de vive force. Les Français firent de vaines démonstrations d'escalade, et se retirèrent le 27. 11 est certain que d'Armentières aurait dû tenter le coup de main , parce que la prise de cette place était de la plus haute importance : un général énergique ne balance jamais en pareil cas. •
Ferdinand ayant eu avis, le 25, du projet de l'ennemi , porta des détacliemens à Wahrensdorf et à Rlieda , et accourut lui-même à Munster le 3o.
Le maréchal de Contades , après s'éîre réuni à Chevert , persuadé qu'il ne lui restait d'autre parti que de prendre ses quartiers d hiver sur la rive gauche du Rhin, se mit en marche, le 1 3 novembre , pour W esel , d'où il répartit ses troupes en cantonnemens entre la Meuse et le Rhin,
Soubise, contenu après l'affaire de Luternberg, et le départ de Chevert , par les mouvemens du duc Ferdinand sur la Lippe , et par la position du prince d'Isenbourg à Mohringen, cantonna ses troupes aux environs de Cassel : ne pouvant se maintenir seul sur cette ligne, il fut obligé de songera prendre ses quartiers d'hiver : son armée se retira sur Hanau, d'où elle fut répartie le long du Rhin et du Mein.
Je ne ferai pas de nouvelles observations sur ces événemeus , me réservant d'analyser Teusemble du plan et du choix des lignes d'opérations , dans les chapitres XIV et XXXI.
56 TRAITl': DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.
I^es chances de Ja guerre maritime dans cette campagne furent contraires à la France, et il était aisé de le prévoir d'après le système de son ministère. S'épnisant pour une guerre fatale sur les rives du Weser, il ne portait que des soins insuffisans vers sa marine. Ses ilottes négligées, se ])fésentaient partout avec le sentiment de leur infériorité; aucune alliance convenable n'était ménagée pour remédier à ces fautes intérieures.
Pendant qu'iuie maitresse, un cardinal faible ou complaisant , et le défaut d'esprit public , ruinaient la considération de la France , l'Angleterre venait de Toir un erand homme succéder au duc de Cumberland ; Pitt (lord Chatam) avait pris les rênes des alFaires.
La rupture de la convention de Closterseven fut son coup d'essai; son vaste génie, sa fermeté, son patriotisme se déploient à lenvi dans tous les actes de son ministère : les efforts redoublent dans les ports, l'offensive la plus redoutable se prépare sur terre comme sur mer : desarmemens considérables vont porter des renforts à l'armée hanovrienne; une autre expédition est projetée sur les côtes de cette France, qui a tant de ressources et en fait un si mauvais usage.
La Galissonnière, qui avait vaincu les Anglais dans la Méditerranée , meurt oublié ; le pusillanime Conllans lui succède, et la marine déjà inférieure en matériel est désormais perdue.