CHAPITRE IX. 56 bis
Les Anglais , animes par les succès du duc de Brunswick en Westphalie, redoublent d'audace; ils se présentent inulilement vers Rochefort , descendent sous les ordres du célèbre Anson , près de Saint-Malo , et j brûlent des chantiers , des frégates et des bâtimens : ils viennent ensuite débarquer à Cherbourg pour en combler le beau bassin, et mettent le sceau à leur témérité en jetant environ lo mille hommes à terre , sur la côte de Saint-Brieux.
Mais de toutes parts les troupes accourues à temps fondent sur eux; quelques régimens de ligne, soutenus des braves milices bretonnes, les accablent à Saint-Cast et les forcent à regagner leurs vaisseaux, avec perte de 3 mille hommes.
Plus heureux dans les autres parties du monde , ils vainquirent dans l'Inde à Plassey ; à Gorée sur la côte d'Afrique et au cap Breton.
En Canada le génie et la bravoure de Montcalra. luttent avec succès contre les difficultés d'iuie position désespérée; il remporte sur les insulaires une victoire importante à Ticonderago , le 8 juillet i'^58. Mais privé de communications et de secours , malgré la constance héroïque qu'il oppose à tous leurs efforts, il doit succomber à ia longue, par les .avantages que l'empire de la mer assure dans une expédition si loin de la métropole.
La Hollande bientôt attaquée dans son commerce vit éieyer dès-lors ces prétentions contre
56 ter. traité des grandes opérations milit. les neutres qui ont encore redoublé de nos jours; elle réclama et se borna à des menaces ; l'amirauté de Londres promit des enquêtes, arma et continua ses captures; l'Europe s'endormit au moment où elle aurait dû combattre avec force un système qui menaçait de la rendre un jour tributaire et qui n'a que trop bien atteint ce résultat.
A tous ces maux le gouvernement français n'opposait que des mesures propres à les aggraver. Le duc de Clioiseul venait de remplacer le cardinal de Bernis aux affaires étrangères; soit qu'il sentît la nécessité d'abonder dans le sens de la marquise de Pompadour pour arriver au rôle de premier ministre' qu'il ambitionnait; soit qu'il agit par conviction et d'après de faux calculs , il étendit encore les dispositions du traité de Versailles en promettant à Marie-Thérèse , outre le corps auxiliaire de 24 niille hommes , de porter Jusqu'à 100 mille combattans en Allemagne, pour couvrir les Pays-Bas et les états de l'Empire; clause monstrueuse, que l'auteur ne répara que trois ans plus tard par la conclusion du pacte de famille.
Mais nous nous laissons entraînera des aperçus étrangers à ce traité didactique, en oubliant que nous n'avon« pas voulu écrire l'histoire générale de ce règne malheureux. Revenons aux armées de Frédéric.