CHAPITRE X
Jaii à dos. Le quartier-général du maréchal était établi à Schnabelin. A droite de ce village se trouvait le parc d'artillerie , et celui de toutes les munitions et des équipages de siège ; le parc des vivres et l'ambulance à Horke. On jeta un pont sur la droite , afin d'établir les communications avec l'autre rive de la Morava, où la brigade Meyer gardait les postes de Lodenitz, Starnau etBauniovitz.
Nous avons déjà indiqué la position de l'armée d'observation , aussi bien que celle des Autrichiens; Daun était toujours avec la grande armée , à Leiitomischel ; Harsch à Nickels ; Laudon à Konitz ; Janus près de Muglitz ; Lanius à Friedland et Lobnick; Deville , couvrant la route de îîrunn.
Une quantité de troupes légères , composées dliommes sûrs et aguerris , procure aux généi^ux autrichiens des avantages auxquels ils doivent le succès de plusieurs entreprises ; ils en forment une chaîne de postes et même de grands détachemens , qui met leur camp à l'abri de toute surprise , et sous la protection de laquelle ils peuvent dérober leurs mouvemens à l'ennemi. Elles les garantissent , par la même raison, du danger d'être surpris en marche , puisqu'elles sont toujours disposées de manière à pouvoir rendre compte à temps des mouvemens de leur adversaire. Celui-ci est au contraire exposé à des inquiétudes perpé-
tuelles ; il doit prendre les plus grandes précautions pour conserver ses communications avec les cor])s détachés et avec les magasins. Comme ces troupes légères sont toujours les plus voisines de l'ennemi , elles apportent une grande attention dans le choix de leurs postes , évitant les plaines qui sont peu favorables à leur manière de combattre, et faisant plutôt un grand détour pour gagner les montagnes , les bois et les défilés. Leur coutume est de placer les gardes de cavalerie aussi en avant que l'ennemi le permet , et de les soutenir avec de l'infanterie. Elles sont toujours prêtes à combattre , puisqu'elles n'ont ni tentes , ni bagages. Leur devoir n'est point d'engager une affaire sérieuse avec de l'infanterie réglée ; lorsque cela arrive , on peut compter qu'elles sont bien soutenues; leurs chefs ont au contraire pour maxime de se retirer devant l'ennemi et de reprendre leurs postes dès que l'occasion s'en présente. On ne peut qu'applaudir à ce système , et toutes les fois qu'ils s'en sont départis , ils en ont été sévèrement punis : par exemple , à Schandau , en i^Sô, à Bunzlau et ISeumarck, en 175-- , à Hojerswerda, en 1759 : dans toutes ces occasions , ce fut la cavalerie qui les sabra. 11 n'est pas difficile en effet, pour peu que Je terrain soit favorable, de détruire des hommes disséminés: ainsi, lorsque ces troupes occupent un poste qui les oblige en le quittant k traverser