‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 33 sur 200 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Une plaine , on peut les attaquer avec certitude de succès, en combinant la disposition des différentes armes , de manière à les débusquer avec de l'infanterie , et à les faire charger dans leur retraite par la cavalerie. La connaissance exacte du terrain , un coup-doeil juste , et l'ensemble nécessaire dans toutes les opérations , sont des qualités indispensables pour une guerre de cette nature (i).

(i) Dans les guerres précédentes, les troupes légères remplissaient un rôle bien différent de celui qu'elles ont eu depniis. Les Autrichiens avaient seuls ce qu'on nommait des partisans, troupes sans discipline, sans constitution, levées dans la Croatie, la Dalliiatie, la Hongrie , et même en Allemagne ; leur nombre a été porté dans les tableaux militaires jusqu'à 70 mille hommes. Dans le commencement de la dernière guerre, on en faisait encore l'épouvantail des lâches ; mais elles ont successivement perdu de leur qualité et de leur importance. Ce changement est provenu, ou du défaut d'un chef qui sût les employer comme Laudon , ou de la différence apportée dans leur constitution. En tout cas, il ne faut pas les confondre avec les corps réguliers d'infanterie qui en ont fait le seivice; encore moins avec des régimens d'infanterie légère, organisés de manière à être utilisés en tirailleurs et en ligne. Au reste , avec de bons bataillons, quel que soit le nom qu'on leur donne, on peut faire tous les genres de petite guerre ; et les dernières campagnes ont prouvé que l'infanterie de ligne devait être également formée et employée pour ce qu'on appelait assez vaguement guerre de parti , puisqu'elle n'a jamais été distinguée de l'infanterie légère que par le nom et l'uniforme. Guibert avait désiré ce changement , qui a été exécuté. Mais dans la cavalerie, au contraire, les partisans ou corps irrégulîers qui agissent de leur propre impulsion , qui peuvent se transporter rapidement sur toutes directions, se soustraire à toutes lespoursuites.

8o TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.

L'intervalle qui existait entre le corps du prince Maurice à Littau et l'armée du roi àProsnitz , avait donné au général Laudon le moyen d'inquiéter les communications par les détachemens qui) poussait sur Willimow et ÎSamiest. Cela était d'autant plus dangereux que la consommation de la boulangerie du camp de Prosnitz devait être successivement remplacée du magasin de Littau. , par des transports journaliers. Frédéric résolut de débusquer le général Laudon , et partit dans la nuit du 21 au 22 mai, avec une forte division , sur trois colonnes. Pendant ce temps , le prince Maurice devait envoyer de son camp le prince Charles de Bévern , avec 3 bataillons et 5o hussards , pour tourner les Autrichiens , en se portant droit sur Willimow et Namiest. Toutes ces colonnes devaient combiner leur marche de manière à être rendues à leurs postes respectifs au même instant et à la pointe du jour. Le résultat ne répondit point aux dispositions ; le général Laudon fut informé à temps de l'approche du roi ; outre cela , la colonne du prince de Bévern arrivant avant les autres, donna

couper les communications sur mille points sans jamais ôtre coupés eux-mêmes; sont aussi utiles à celui qui les emploie , que désastreux pour celui qu'ils harcèlent; c'est ce que les Cosaques ont prouvé eu i8i3 et 1814.

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