CHAPITRE X
avec un transport de farines , 3 mille convalescens , le bataillon Rleist et le bataillon franc Rapin, nouvellement formé. Le premier retourna à Troppau ; le dernier fut placé a Holitz , en-deçà d'Olmutz. Il y eut à cette occasion un petit combat au défilé de Siebenbufen , où le colonel Lanius surprit deux bataillons francs et leur fit 3oo prisonniers.
Toutes ces chicanes de postes ne pouvaient avoir aucune influence sur le sort dOlmutz , qui aurait été bientôt décidé si Daun eût attaqué le roi avec ses forces réunies ; mais il était plus conforme à son système de chercber d'autres moyens de secourir la place. Il s'en présentait deux ; le premier de s'ouvrir une communication avec les assiégés , sans s'exposer à être attaqué en marche; le deuxième d'enlever le gi'and convoi de munitions et de vivres que Frédéric attendait de la Silésie , et dont la perte mettrait ce prince hors d'état de continuer le siège.
La communication avec Olmutz ne pouvait «'ouvrir que par deux mouvemens ; pour l'exécution du premier , il fallait que le général Harsch marchât sur Stemberg , en tournant au loin les flancs du camp que le margrave Charles occupait à Neustadt , et que Daun le suivît avec la grande armée par Muglitz , pour se réunir à lui entre Stemberg et Olmutz. Cette manoeuvre aurait forcé le roi à se porter au secours du prince
Maurice avec la majeure partie du camp de Proslîitz; en rendant les Autrichiens maîtres de toutes les routes de la Silésie , elle eût mis les Prussiens dans la nécessité de livrer bataille: c'était justement ce que Daun voulait éviter. Ce général résolut donc de se poster vis-à-vis du roi , jusqu'à ce qu'il trouvât l'occasion d'exécuter son projet par l'autre route , sur Kremsir et Prerau. Ce projet n'exposait le maréchal à aucun danger. J'ai déjà observé qu'il avait tiré depuis Muglitz jusqu'à Wischan , un cordon impénétrable de troupes légères qui occupaient toutes les montagnes et les défilés , de manière que la grande armée pouvait manœuvrer très-facilement en arrière de cette ligne ^ sans crainte d'être inquiétée , et avec tous les avantages du terrain. Les seuls inconvéniens qu'il pût redouter étaient les difficultés inséparables d'une marche dirigée à travers les montagnes et les défilés.
Le 16 juin , l'armée autrichienne partit du camD de Gewicz dans le plus grand silence , et marcha sur cinq colonnes à Predimanow; le général Harsch se porta de Muglitz à Kouitz. Le i y , au point du jour , l'armée se mit en mouvement, et campa entre Ewanowitz et Predlitz, où elle se réunit au corps de Deville ; ce général avait détaché , quelques jours auparavant , le général wSaint-Ignon au-delà de Prerau , pour observer les Prussiens , avec 5 régimens de cavalerie , ce der-
nier ayant appris que les di^agons de Bareith à Bistrowau , et a escadrons de Seidiitz à Wisternitz, ne devaient être soutenus que par 2 bataillons ; re'solut de les siu^prendre. Le maréchal Keitli , instruit de ce projet , en prévint le général Mejer , qui fit rester sa troupe toute la nuit sous les armes , et attira à lui un des bataillons. A quatre heures et demie du matin , on n'avait aperçu aucun ennemi, et les patrouilles de nuit nétaient pas encore rentrées ; contre toutes les règles de la prudence , Meyer en conjectura que n'ayant rien rencontré, elles auraient poussé leur reconnaissance trop loin ; il renvoya l'infanterie dans ses cantonuemeus , et ordonna aux dragons de fourrager. Mais à peine les grenadiers furent-ils entrés que l'ennemi se jeta sur les dragons , s'empara de leur camp , en tua ou prit une partie, et rejeta l'autre sur l'infanterie. Ils perdirent ainsi par la faute de leur chef, i5o tués ou blessés et 3oo prisonniers.
A la nouvelle du mouvement général exécuté le 16 juin par les différens corps de l'armée autrichienne , le roi craignant pour les troupes qui investissaient Olmutz , les fit renforcer par la division du margrave Charles , campée à Neustadt et qui marcha le 18 à Bistrowan. 11 fit également lever le camp d'Aschemerith ; le prince Maurice vint joindre l'armée d observation à Prosnitz; avec 10 bataillons; le reste de son corps fut des-
liné à renforcer difTérerss postes établis pour maintenir la communicalion avec les troupes de siège , et pour contenir Laudon vers Ronitz.
En attendant , Daun , qui avait reçu ] ordi^e de secourir la place , cherchait de plus en plus à atteindre ce but. Le moyen ordinaire de ravitailler et de renforcer la garnison lui paraissait d'autant préférable , qu'il était conforme à son système , et que la position disséminée des Prussiens sur la rive gauche de la Morava en facilitait lexécution. Il détacha à cet effet le général Bulow , le 19 juin , avec 1,200 fantassins et une trentaine d'artilleurs, et le fit soutenir par le corps de Saint-Ignon , qui était à Prerau. Le 22 au matin , ce renfort se jeta dans Olraulz , entre Lodenitz et le Heiiigenberg. Le général Saint-Ignon , poiu* détouraer l'attention des Prussiens , parut jusqu'à Gros-ïeinitz.
Frédéric ne fut pas plutôt informé de cet événement, quil fit marcher Ziethen , le 1" juillet, pour attaquer le général Saint-Ignon avant qu'il ne reçût des secours et ne pût accabler le général Ketzow ; mais il arriva trop tard , et l'ennemi s'était déjà retiré. Ziethen , après s'être réuni à 3a division Retzow , revint aux environs d Olmutz, d où il se porta ensuite au-devant du grand convoi qui était parti de Cosel et de INeiss le 2 1 , sous les ordres du colonel Mosel , escorté par 8 bataillons, 3 mille recrues ou convalescens divisés *.u 4 bataillons, et 1,100 cavaliers. Le transport