CHAPITRE X
^5 juillet, avec tout le train, sous escorte de 6 bataillons et 10 escadrons , passa la Mettau , et rangea son convoi à Dolskow. Le prince de Wurtemberg se porta à Scbibus pour observer l'avant-garde ennemie , et couvrir la retraite avec un bataillon de grenadiers et 28 escadrons; le régiment de Pannewilz occupa le favibourg au-delà de l'Elbe. Aiin' de dégager la marcbe, qui fut fixée au lendemain , les bagages se rassemblèrent à l'entrée de la nuit à l'aile gaucbe , et partirent pour Nacliod , sous l'escorte de 4 bataillons de grenadiers.
La grande proximité des camps donnant occasion à Daun d'être instruit à temps du mouvement que préparait le roi; il fit attaquer le faubourg de Konigsgratz par le général Wehla ; le bataillon Pannewitz forcé de se faire jour, réussit à gagner avec peu de perte le pont de l'Elbe et à le couper; cependant le général Saldern, qui était accouru à la première alerte , fut tué , ainsi que le colonel Blankenbourg; le pont fut rompu. Le 26, à trois heures et demie du matin, l'armée se mit en route par pelotons à gaucbe; l'infanterie delà deuxième ligne, dont la moitié était détachée sous les généraux Rebentiscli et Lattorf , occupa le taillis derrière elle, jusqu'à ce que la première ligue eût défilé; Seidlitz se plaça avec toute la cavalerie dans la plaiuedeDiwetz pour protéger la marche ; le corps du prince de Wurtemberg
formait la première colonne, et couvrait Tàrmée du côté de Jaromirs; l'infanterie formait les deux colonnes du milieu , et toute la cavalerie la quatrième du côté de l'Adler; l'arrière-garde était composée des hussards de Putkamer , de tous les bataillons francs et chasseurs de l'armée.
Le maréchal Daun fit inquiéter la retraite par le corps des grenadiers à cheval qui passa FElbe ; il resta lui-même dans sa position avec la grande armée , et fit rentrer les corps détachés de Ziskowitz et Saint-lgnon. L'armée du roi arriva à Jassena après quelques escarmouches insignifiantes » et campa, la droite à ce village, la gauche à Bohuslawitz. Deux régimens postés à Slawietin gardèrent le pont de la Mettau ; les hussards de Ziethen couvrirent le flanc droit, et un bataillon de grenadiers le flanc gauche de la cavalerie , établie en seconde ligne.
Le corps des grenadiers et carabiniers autrichiens prit poste sur les hauteurs de Czernilow, en face du roi , et détacha quelques escadrons à l'appui de Laudon qui avait réoccupé Opotschna , dès que les Prussiens en furent partis. Ce général, aussi actif qu'audacieux , portait toujours ses vues sur le flanc gauche ennemi et la roule de Glatz, sans que nul revers fût capable de le faire renoncer à ses projets : Daun restait toujours tranquille dans son camp.
La retraite de Frédéric , que les opérations des