CHAPITRE XII. l
était postée en avant de Doberchutz , où se trouvait le quartier-général , le centre sur les hauteurs, entre Krekwitz et Burschwitz, de manière que la ligne formait un angle saillant. La cavalerie campait en seconde ligne ; les hussards de Ziethen en avant de l'aile droite , ceux de Pulkamer et Werner en avant du liane gauche. Les villages devant le front furent garnis d'infanterie.
L'armée avait perdu la majeure partie de son artillerie et de ses bagages , épuisé ses munitions : malgré cela, Daun ne se hasarda pas même à rester sur le champ de bataille ; il n'y laissa que le corps des carabiniers , et se retira dans son camp de Riltlitz; le prince de Dourlach campa entre Graditz et Weisemberg.
Celte bataille conta beaucoup de monde aux deux partis. Tempelhof estime que l'armée du roi, forte de 2g mille hommes , en perdit 8 mille environ; les Autrichiens avouèrent 5,3 1.4 tués et blessés , sans parler des prisonniers ni des déserteurs , et il en infère que leur perte dut être au moins égale à celle des Prussiens.
Obseri>ations.
. On ne sait ce qui doit étonner le plus, de la vigueur que le roi déploya pour marcher aux Russes et revenir en Saxe , ou de la lenteur et de l'irrésolution de Daun pendant l'absence de Fré-
l86 TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES.
déric. Il eût suffi de trois ou quatre marches rapides pour faire engager et battre avec une masse formidable , la faible armée du margrave Charles ; en la poursuivant ensuite vigoureusement le long du Bober, on Teût anéantie, et Frédéric aurait peut-être été isolé pour jamais de Tarmée qui gardait Dresde , tandis que la totalité des forces ennemies se serait établie au centre de ses états , qui en était la partie la plus faible.
La bataille deHolienkirch fait époque dans les fastes militaires de l'Autriche. Si le lecteur a partagé mon opinion sur la pusillanimité du système de Daun, blâmé la lenteur de ses opérations , et reconnu les inconvéniens du système défensif; plus juste que Tempelhof , il accordera au maréchal la portion de gloire qui lui revient pour les combinaisons de cette victoire, qui justifient plusieurs maximes importantes.
On a sans doute remarqué que toutes mes observations précédentes reposaient sur le principe d'une attaque générale sur une seule extrémité de la ligne ennemie; il s'applique surtout à une armée inférieure en nombre , et j'en ai indiqué les raisons dans le i ^^ volume. Si 5o mille hommes, pour en attaquer 60 mille, se divisent en deux corps à peu près d'égale force , et que , pour embrasser les deux extrémités de la ligne ennemie , ils étendent et isolent leurs attaques , il est certain que ces (5o mille hommes pourront se