‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 74 sur 200 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

mouvoir plus rapidement dans l'intérieur de leur Jigne, que ne le feraient deux corps isolés ayant cette masse entre eux. La figure suivante démontre cette proposition.

11 est possible que les deux corps B et C gagnent quelque terrain momentanément; maisTarmée A laissant une division d'observation devant G , sur le terr^^in le plus avantageux à la défensive , elle portera sa masse sur le front, les flancs et les derrières de B , qui sera infailliblement perdu. Si B et G faisaient un troisième détachement sur le centre, le résultat serait encore plus funeste; car partout où ces divisions se présenteraient, elles donneraient sans vigueur ni ensemble contre une masse imposante qui ne manquerait pas de les accabler; c'est ce qui arriva à l'armée prussienne à Kollin, pour n'avoir pas suivi les ordres du roi, et à l'armée du Danube à Stockach, en J799, pour avoir voidu trop eutreprendre aveo

a 88 TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.

des forces insuffisantes. Cette vérité est si frappante , que 1 on pourrait même en faire l'application à une armée supérieure en nombre. Je suppose , par exemple , que 5o mille hommes en attaquent 4o raille sur les deux extrémités : si l'armée attaquée est sur ses gardes , qu'elle ait une position militaire, elle trouvera, dans l'étendue de cette position , un terrain favorable pour la défensive, où quelques régimens, suffiront pour suspendre la marche de la première division ennemie; alors Tarmée pourra porter au point principal une masse supérieure à celle de la seconde division. Cette masse opérant ofFensivement, et ayant l'initiative des mouvemens , peut gagner tes lianes, prendre à revers la seconde division et la battre complètement : si les deux colonnes ennemies avaient entre elles un obstacle de terrain insurmontable, il serait même possible de les anéantir successivement : Napoléon en a donné un grand exemple dans les batailles de Lonato , Castiglione , Abeusberg , Eckmuhl et Ratisbonne.

Je crois que l'application de ces principes n'est pas strictement nécessaire , lorsque l'armée qui attaque est deux fois plus nombreuse, comme celle de Daun à Hohenkirch , parce que , dans ce cas , elle peut mettre partout une plus forte masse en action. Je pense même qu'il serait contraire à

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