‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 75 sur 200 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

ses intérêts cle ne prendre qu'un seul point d'attaque , car toutes ses troupes ne pouvant y être employées au mêmeinstant,rennemi se trouverait à même de lui opposer sur ce point une résistance égale , et de se maintenir. On peut conclure de là qu'il sera plus avantageux dans une circonstance pareille , de manœuvrer en même temps sur les deux extrémités et sur le centre de son adversaire, parce qu'il sera accablé sur tous ces points par une masse deux fois plus forte que la sienne. Mais pour atténuer les inconvéniens de la division des forces , il importe d'avoir l'initiative du mouvement, et de le dérober , de manière que l'attaque commence à peu près au même instant sur les deux extrémités, et que l'ennemi soit engagé sans pouvoir porter des troupes d'un point sur l'autre; à cet effet, il faut éviter de mettre un obstacle insurmontable entre les attaques , ou de les éloigner trop , ce qui donnerait à l'ennemi les moyens de ittanoeuvrer sur l'une d'elles, avant que l'autre pût donner simultanémenC.

Ainsi , deux maximes , contradictoires en apparence, dérivent néanmoins du même principe, dont l'application est adaptée aux circonstances.

1 "^ Une armée qui en attaque une supérieure en nombre^ ou d'égale force ^ ne le peut ai>ec certitude de succès , que par un effort concenti^é sur un seul point d'une ligne affaiblie , ou sur une ex-

igo TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES.

trémitéde ligne qui se trouverait hors d'état d'être promptement soutenue , puisque ses bataillons seraient engagés l'un après V autre ;

2° Une armée qui en attaque une autre très-inférieure, doit , au contraire , former deux ou trois divisioits , afin de mettre toutes ses masses en action contre des masses moins fortes ; tandis que si elle se bornait à un seul point principal , la totalité de ses forces nepourraity être employée , et que l'ennemi, en y portant toutes les siennes , réiablirait la balance et se maintiendrait ^ mais il est indispensable que les mouvemens et l'emploi de ces divisions soient combinée sur le même terrain , et au même instant , pour produire l'unité d'action sans laquelle Oîi risquerait de se faire battre partiellement et successivement ;

3° // est entcTidu que cei m,ajèimës sont surtout applicables aux batailles et non aux opérations stratégiques ; car dans celles-ci, il n'est pas nécessaire que des corps agissant à la distance de plu- ' sieurs marches s'engagent à la mênie heure , et il serait impossible qit'ils le fisserU sur le même lerrain;inais si le principe doit être appliqué différeat-r ment, il n'en existe pas moins dans toute sa force, 4° Comme dans chaque front d' opérations ow dans chaque ligne de bataille, il existe néanmoins un point décisif; il importe que tes forces soient réparties de manière qu'indépendamment de la supériorité génér'ale qu'on aurait sur V ennemi ,

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