‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 76 sur 200 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

7e corps destiné à agir sur ce point soit appuyé par une bonne réserve.

Si l'on pensait c[ue , dans la base de ces raisonnemcns , tout est accordé à la supériorité locale des forces physiques; en approfondissant la combinaison de leur emploi, on se convaincra, au contraire, que jattribue tout à cette combinaison. Les discussions précédentes et le récit des événemens ont assez prouvé , qu'il ne suffit pas d'avoir 3o mille hommes pour en battre 1 5 mille , que les premiers peuvent être battus, si, dans leur emploi et dans le choix du terrain, il y a un vice de disposition qui leur arrache l'avantage du nombre, et le change en désavantage réel, comme les Autrichiens l'éprouvèrent dans les défilés de llohenlindeu.

Api'ès la bataille de Leuthen , il n'en est point qui démontre d'une manière plus frappante que celle de Ilohenkirch, les terribles effets d'une armée qui se trouve établie sur l'extrémité d'une ligue, sans que l'ennemi s'en soit aperçu. Cette dernière action présente en même temps les funestes résultats des efforts opérés successivement par de braves régimens , qui viennent se faire écraser les uns après les autres.

En suivant la relation de Tempelhof , on voit en effet comment les Prussiens furent surpris sur leur extrême droite , par une armée établie presque perpendiculairement sur ce liane , avec une

forte division sur leurs derrières , dans la disposition suivante :

Prussiens.

Autrichiens.

On voit par cette relation que les Prussien «î ont dû soutenir les premiers corps du flanc culbuté , et que les régimens les plus près s'y étant portés successivement , furent battus les uns après les autres. C'est pour parer à cet inconvénient , que j'ai démontré dans le chapitre V, la nécessité de ne pas engager toutes ses troupes à la fois , mais de faire soutenir l'attaque , par une brigade en échelon, et de manoeuvrer avec le reste de l'armée de manière à l'établir à sou tour sur l'extrémité de la ligue ennemie. La conduite du roi fut contiaire à cette règle , car il n'aurait pas du diriger toutes ses troupes vers Hohenkirch, où les masses autrichiennes pouvaient les attaquer en tout sens , et les accabler. Il eût manoeuvré avec beaucoup plus d'avantage, en se rapprochant de l'attaque du duc d'Ahremberg, et en y faisant marcher le corps de Retzow; par ce moyen il eût arrêté les succès momentanés de Daun , et se serait mis à même d'opérer sur la droite des Autrichiens pour communiquer avec la Silésie, comme il en avait eu d'abord le projet. A la rigueur on ne

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