CHAPITRE XIII
Suites de la bataille de Hohenkirch ; belle marche du roi ; fin de la campagne sur cette ligne, Ob sensations.
iV. PEINE Frédéric eut gagné le camp de Doberschutz, qu'il dit à ses généraux : Daun nous a laissé soi'tir de l'échiquier; la partie n'est pas perdue ; nous nous reposerons ici quelques jours y et nous iroîis ensuite en Silésie délivrer Neiss. Ce prince, en effet, ne parut jamais plus grand qu'après sa défaite; songeant alors à la réparer, il ordonna au prince Henri de lui amener sur-lechamp des renforts de Gamich.
Daun, toujours fidèle à son système, fit un pont d'or au roi ; au lieu de le poursuivre sans relâche, il perfectionna les retranchemensdu camp de Kittlitz , où il n'aurait jamais dû rentrer ; et ne le quitta que le 17, pour en prendre un plus rapproché (Voyez planche 19J : l'aile droite était sur les hauteurs de Belgern , couverte par la rivière de Lobauet des étangs; les grenadiers et les carabiniers à cheval furent postés sur ce plateau. La ligne se prolongeait de là sur une chaîne de
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hauteurs, jusqu'au défilé de Jeiiko^vitz, auquel l'aile gauche était appuyée. Le corps de Laudon se plaça sur les hauteurs de Weissitz , en avant de cette aile. La majeure partie du corps de Dourlach se réunit à l'armée ; le reste , sous les ordres de Wehla, occupa le Schaafberg, couvrant le liane droit et la roule de Gœrlilz. Ce camp , pour ainsi dire inaccessible , fut encore fortifié par toutes les ressources de l'art; mais, pendant qu'on perdait ainsi un temps précieux, le prince Henri rejoignit le roi avec 8 bataillons, 5 escadrons , et un train considérable d'artillerie.
Immédiatement après la bataille , Dauii avait envoyé un officier au général Harscli , pour lui çii porter la nouvelle , et lui donner Tordre de pousser le siège de Neiss avec activité ; ce général avait reçu de nombreux renforts , et fait tous les préparatifs nécessaires pour ouvrir la tranchée.
La position de Frédéric était difficile; la prise de Neiss aurait rendu les Autrichiens maîtres de toute la haute Silésie , et même de Kosel ; événement inévitable s'il restait en Saxe. D'un autre côté , en marchant au secours de cette place , l'armée stationnée dans cette dernière province , affaiblie parle détachement du prince Henri , eut été accablée par Daun, réuni à l'armée des Cercles ; la prise de Dresde paraissait alors certaine , et, de toute manière , l'ennemi pouvait s'établir dans le coeur des états prussiens , à l'issue de la
igS TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.
campagne. Cette alternative qui eût mis un homme ordinaire dans le plus grand embarras , ne fut, pour ce monarque, quun motif pour prendre promptement son parti : convaincu qu'en voulant tout conserver on s'exposait à tout perdre , il saisit d'un coup-d'oeil le plan d'opérations le plus favorable à l'ennemi, et les moyens de le faire échouer. Ce double calcul reposait à la fois sur la connaissance du caractère et des principes du maréchal Daun , sur la rapidité ordinaire des mouvemens de l'armée prussienne , et enfin sur l'espoir assez fondé que Dresde tiendrait au moins trois semaines, et que le petit corps chargé de couvrir la Saxe, pourrait, à la dernière extrémité, se jeter dans la place. Ce temps était suffisant pour débloquer Neiss , et revenir. Les mouvemens des Russes et des Suédois faisaient aussi présumer qu'ils se préparaient à évacuer les états prussiens pour prendi e leurs quartiers d'hiver ; du' moins le grand éloignement de ses frontières et le défaut de subsistances devaient forcer l'armée russe à cette résolution. Déjà même le général Fermor était parti le 16, de Stargard, pour Reetz. Les Suédois, de leur côté, avaient quitté le camp de Ruppin, et s'étaient retirés jusqu'à Boitzenbourg. Le général Palmbach assiégeait, il est vrai, encore Colberg; mais tout donnait lieu de croire que ce siège ne tarderait pas à être levé. Frédéric résolut, eu conséquence, de ne laisser sur celte