CHAPITRE XIII
i'armee de Dolina, aux ordi-es du général Manteufel.Les opérations n'offrent plus d'intérêt pendant cette période ; elles se ressentent de la position de l'armée suédoise (1); mais lorsque Dohna, après avoir atteint son but en Saxe , revint avec son corps , le général Lattingshausen , qui avait succédé à Hamilton , se retira jusqu'à Stralsund, en laissant i,3oo hommes dans Demmin et 1,400 dans Ancklam , qui tombèrent peu de jours après au pouvoir des Prussiens. Dohna répartit alors ses quartiers d'hiver dans la Poméranie et le duché de Mecklenbourg.
L'expulsion des Suédois mit fin à la campagne de 1768 , qui eut d'ailleurs moins de changemens de fortune que la précédente, mais fut bien plus savante, car les marches y furent mieux combi-
( i) Je crois devoir citer la délibération d'un conseil de guerre qui peut faire connaître la situation de cette armée. Ce conseil avait été assemblé pour délibérer sur les quartiers d'hiver à prendre, lorsque le pays serait épuisé. Tous les membres déclarèrent qu'on n'avait ])oint eu d'instruction, et qu'on s'en référait à celles données iJrécédemment au maréchal Unger. Or, ces instructions portaient de rester dans le pays. Le général Ilamilton observa que l'intention du roi ne pouvait être de tenir l'armée dans une contrée où elle mourût de faim. Les membres répliquèrent que le roi n'avait pas ordojiné d'empêcher l'armée de mourir de faim , mais bien de la Uniir dans le pays ennemi , et qu'il fallait obéir à la lettre. Cette «^lécision fait croire qu'ils n'étaient pas à jeun , et qu'ils eussent mieux raisonné en se décidant à attaquer l'ennemi, lorsqu'ils en l'iirent de si belles occasions.
nées et plus rapides; les positions mieux choisies^ Le roi forcé cVévacuer la Moravie, se jette eu Bohême et donne à sa retraite tous les avantages et la vivacité d'une invasion ; il l'effectue, sans être entamé, devant des forces supérieures et dans un pays extrêmement difficile. Arrivé sur la ligne de ses frontières , il vole à l'armée russe , la repousse et la met hors détat de rien entreprendre. Pendant cette marche, Daun, plus sage que l'année précédente , sent tous les avantages delaconquéte de la Saxe et l'envahit ; Frédéric y revient comme l'éclair, et déjoue les projets des Autrichiens. Mais ici la scène change de nouveau ; il est surpris et battu à lïohenkirch; son camp tombe au pouvoir de l'ennemi; il est coupé de la Silésie. Le héros embrasse, d'un coup-dœilrapide, lensemble de ses différentes lignes d'opérations ; il trompe Daun, gague plusieurs niarches sur sou flanc droit, vole en Silésie, rejette en Moravie l'armée qui menaçait cette province, dirige les corps opposés aux Russes et aux Suédois sur la Saxo, au jnoment même où il y retournait; et force aussi son adversaire à se retirer en Bohême. Mettant ainsi en action l'élite de ses troupes sur tous les points de ses frontières, il les sauva successivement. Les mêm^es braves qui combattirent sous les murs d'^Olmutz en Moravie, se retrouvèrent en Bohême et au fond de la Marcbe; réunis en Saxe, ils retournèrent eu Silésie, pour revenir