‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 99 sur 200 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Âiilrichiens sur le Danube ; mais il fallait , pour cela, combattre Daun , ouïe harceler, sans ]^ laisser respirer une minute. Cette guerre de yi'r gueur n'était pas alors très-bien connue ; on s'exa-^ gérait la consommation d'hommes qu'elle entraînait, et le roi n'avait pas, à cette époque , de moyens suffisans pour renforcer son armée, à mesure qu'elle embrasserait une ligne plus, profonde, et qu'elle s'alfaiblirait. Tels furent Vrai-y semblablement les motifs qui tinrent Frédérie dans linaction dans les plus beaux moniçns d« cette campagne.

Quoi qu'il en soit , le choix de la ligne de, Moravie était commandé en 1^56 et lySy , 1° par la situation politique des deux partis; 2° par laforce relative des moyens de guerre ,. puisqu'au lieu de quatre armées , on n'en avait qu'une à combattre; 3° par la répartition et le placement des forces ennemies, car elles étaient disséminées, et ne couvraient pas cette province; 4° par la ligne d'or pérations naturelle ; 5° parce qu'elle offrait, dans le moment, les chances les plus avantageuses au roi.

LfOrsque Frédéric y porta le théâtre delaguerre, en 1768, ce choix n'était motivé , au contraire , que sur la considération des lignes naturelles, car les autres chances avaient tourné en faveur des ennemis. vS'il avait fait, en 1766, ce qu'il projeta en 1758, il est indubitable que FAutriche

aurait été envahie,' et à deux doigts de sa perte; qukmé partie de Ses ^provinces aurait payé les Irais^'de'îa guerre,- et que la Prusse eût acquis la supériorité sur sa rivale. On verra, par la suite , quelques exemples aussi frappans de Timportance élu choix des lignes d'opérations , et de son influence sur le sort des armées et des empires.

Ajprès avoir examiné ce que Frédéric aurait pu et dû faire dans ces trois campagnes, jetons un peii les yeux sur ce qu'il iît. L'invasion de la Moravie h^ayant point été tentée en l'y 56, celle de la Saxe était, sans contredit, la plus belle opération à èuti^preïidrft , non pas tant sous le rapport militaire et topographique, que pour les résultats politiques. En elfet, si la Saxe eût été province Autrichienne, il eût beaucoup mieux valu envahir là? Bohême, parce que la disposition des frontières est telle, que îa Saxe est nécessairement au pouvoir des Prussiens, dès qu'ils sont maîtres de la' Bohême. Mais il n'était pas uniqueînent question de faire évacuer la* Saxe par une aiTuéeiauLtri chienne ; le projet de icônquête de ce pays se présentait sous un aspect tout différent : Frédéric , en le méditant , voulut s^emparer du pays qui couvrait la plus faible de ses frontières; mettre ses états héréditaires à l'abri d'invasion; renforcer ses armées des troupes saxonnes , les irécruter de la population de cet électorat, l'adininistrer^ en former en un mot une colonie prusêienue. Sous ce rapport , on ne saui'ait disconve-

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