‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 103 sur 121 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

pas nne ligne si longue de Jéna à Naurabonrg, de Douaverth àUlm; revenons aux observations de Lloyd.

Lorsque le duc de Bévern quitta Liegnitz et marcha vers Hainau sur FOder , le prince Charles aurait du le faire suivre par une forte division , porter le reste de lariuée sur Dyrenfurth , y jeter plusieurs ponts , afin de pouvoir agir sur les deux rives avec la même facilité : il eût ainsi couvert le siège de Breslau.

On a peine à concevoir comment les Autrichiens éloignés de Breslau de lo lieues, y laissèrent arriver le duc de Bévern, qui avait une marche de vingt lieues et deux passages de 1 Oder, à effectuer. Rien ne peut être comparé à leur lenteur et à leur irrésolution dans cette occasion, si ce n'est celle qu ils montrèrent les campagnes suivantes. Le prince Charles avait le plus grand intérêt à profiter de la marche du roi en Saxe , pour combiner des mouvemens hardis , rapides et décisifs contre le duc de Bévern , et risquait tout en agissant avec lenteur, parce qu'il donnait au roi le temps de revenir au soutien du duc. Néanmoins , le prince resta dix à douze jours à s amuser à des accessoires ; loin de profiter de son succès contre Winterfeld à Moys, il fit évacuer la position enlevée^

Llovd , qui juge beaucoup mieux les batailles <jue les grandes opérations , blâme avec raison

i84 TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.

le prince Charles d'avoir attaqué le camp de Breslaii sur ses trois points les plus forts , ce qui ne pouvait avoir lieu qu'en faisant passer l©s troupes à travers mille obstacles, et sous le feu des ouvrages prussiens. Il pense qu'il eût agi plus efticacement, en faisant de fausses attaques au centre et à la droite des ennemis, plaçant à cet effet sa gauche à Neukircli , avec de la grosse artillerie et des obusiers , et prolongeant sa ligne sur la droite, près de Gros-Mocliber, entre Operau et la Lohe, appuyant le corps de Nadasty à son aile droite. Cette position circulaire offrait l'avantage d'éviter les ouvrages et les villages qui formaient Ja principale défense des Prussiens , et de les forcer à les évacuer , pour faire face sur leur flanc débordé ; alors l'artillerie placée à Neukirch et à Gros-Mochber eût enfilé toute cette nouvelle ligne.

Enfin Lloyd croit que l'attaque principale aul'ait dû se faire par le corps de Nadasty , afin d'éviter les obstacles que l'on rencontra , et que ce général , au lieu d'étendre sa droite , devait se lier par sa gauche avec le reste de l'armée.

L'auteur a raison dans cette occasion , mais il ne donne pas une démonstration bien claire des motifs de sou jugement , et ne le rattache pas aux grandes combinaisons de l'art. En jetant un coup* d'oeil sur la position des Prussiens , il est facile de voir que les Autrichieus l'attaquèrent de la

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