‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 104 sur 121 · CHAPITRE YII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YII

manière la moins convenable. S'ils avaient eu quelque idée du principe de l'emploi des masses sur les points décisifs , ils auraient fait canonner Schmidefeld par une division , montré quelques troupes légères vers Pilsnitz , tandis que le reste serait passé vers Gros-Mochber et KlettendorfT. Le prince Charles aurait pu ainsi lier le gros de l'armée avec Nadasty , attaquer en masse la gauche des Prussiens formée par le corps de Ziethen , établir ensuite une ligne depuis Grabischen à Gabitz , pour culbuter l'armée du duc de Bévern dans toute l'étendue de sa ligne , et em.pêcher son centre et sa droite de gagner Breslau. Jamais occasion ne fiit plus favorable pour opérer un effort général sur l'extrémité d'une armée : car les Prussiens eussent été accidés à l'Oder et perdus sans ressource.

Les fautes reprochées aux Prussiens , sont moins graves que celles de leurs adversaires; les divisions du centre étaient un peu trop en arrière des redoutes et des villages de Schmidefeld et Hoefgen , et auraient dû manoeuvrer plus conceu" triquemeut avec le corps de Ziethen. L'intervalle laissé vers Grabischen ayant été occupé par les Autrichiens , cet événement leur assura la victoire, comme un incident pareil décida la bataille de Prague en faveur du roi.

Les dispositions des deux généraux , dans la journée de Breslau, démontrent évidemment que

]e succès d'une affaire clépencl orclinairement de la première attaque , surtout dans les passages de rivière et toute autre opération où l'on est forcé de ne mettre ses troupes en action que successivement. Lorsque les premières colonnes, qui débouchent d'un pont ou d'un passage , peuvent se former et se maintenir jusqu à ce que l'armée soit arrivée et en état de les soutenir , le succès de l'entreprise est assuré. De là on doit conclure que 1 essentiel étant d empêcher la formation des premières "Colonnes , il ne faut pas balancer à se précipiter sur elles , et que la moindre incertitude perdrait tout ; car si la tt a que vient à être repoussée , l'on n'a rien à espérer d'une seconde tentative. Si Lestewitz avait observé ces maximes, il est probable que la bataille de Breslau n'aurait pas été perdue par les Prussiens.

Le plus grand défaut des dispositions du duc de Bévern , était celui d être défensives ; si une armée , égale en nombre , ne peut obtenir de succès qu en prévenant son ennemi , afin de l'accabler au point principal de l'attaque , il est d'autant plus certain qu'une armée inférieure , lorsqu'elle prévoit une bataille , ne doit jamais attendre lennemi , mais suivre le bel exemple que Frédéric donna à Leuthen et à Rosbach.

Ces idées justifient les maximes que j'ai exposées à la suite de la bataille de Prague. ( chapitre m. )

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