CHAPITRE VII
qiies ; les événemens dont nous avons donné la relation, et les campagnes de 1792 à 1809, prouveront quil n a démontré que des sophismes. Je me propose, au reste , de traiter cette matière avec plus de développement dans le chapitre XIV.
Observations sur la bataille de Leuthen et sur l'ordre oblique. Principe fondamental de l'art de la guerj^e.
Parmi les reproches faits aux Autrichiens , le plus notahle est celui de leur inaction après la bataille et la prise de Breslau; ils avaient des forces suflisantes pour anéantir les débris du duc de Bévera, en le poursuivant, et le mettant dans l'impossibilité de joindre le faible corps que Frédéric amenait à son secours; mais, à cette époque, des plans vastes, des opérations vigoureuses et hardies , étaient aussi rares que les grands résultats.
Il n'est pas moins étonnant de voir une armée de 85 mille hommes , se mettre en ligne devant 3o mille, les laisser manoeuvrer à leur aise, et attendre qu'ils se portent en masse contre sa gauche. C'est une faute capitale lorsquon est supérieur en nombre ^ d'attendre l'ennemi en position . et surtout de déployer la totalité de ses forces : on fera bien mieux de ne lui présenter en ligne que ce
qu il faut pour contenir la sienne ^ et de tenir tout le reste efi 3 ou 4 grosses colonnes ^ prêt à frapper (les coups de ^vigueur ou à manœuvrer sur l'cxtré-' mité de t ennemi pour gagner des points décisifs. En effet, une grande armée déployée n'est plus mo-^ bile comme des colonnes j et rendre immobiles des forces non engagées y c'est oublier les premières maximes de tactique : il ne faut tout au plus que déployer une partie de la réserve quand on veut en imposer à Vennemi par un grand appareil d& forces.
Les Autricliiens commirent également la "faute de faire marcher leur ligne par le flanc , pour soutenir leur aile gauche; les troupes vinrent ainsi l'une après l'autre se faire battre par une masse.
Lloyd applaudit avec raison à la manoeuvre du roi; c'est une de ses plus savantes. Elle fut basée sur les principes les plus incontestables de l'art de la guerre : il porta au point d'attaque un plus grand nombre d'hommes que l'ennemi, ce qui est décisif lorsque les troupes sont à peu près égales en valeur.
En temps de paix , les généraux devront s'étudier à des évolutions qui facilitent les grandes manoeuvres des armées; et en temps de guerre , à choisir des champs de bataille qui cachent une partie de leurs mouvemens. Si la nature du terrain, ou la vigilance de Fennemi, ne le leur perpaet pas , ils parviendront au niême but avec dçoi