‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 108 sur 121 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

troupes maiiœuvrières. L'avantage de la supériorité numéricjue consistant à faire combattre un plus grand nombre de soldats ; non-seulement il disparaît lorsque les troupes sont mal disposées ou employées , mais il devient même à charge en augmentant le désordre.

Les m.aximes tirées de la conduite du roi à Leutlien, renferment, selon moi, le principe de toutes les combinaisons de \a ^uerrc^ qui consiste àmettrc en action j au point le plus important d'une ligne d'opérations ou d'une attaque j plus de forces que V ennemi. L'on y parvient par les marches ou les • mouvemens stratégiques et par les manœuvres ou le choix des ordres d'attaque.

11 paraît incontestable que toutes les règles de l'art, comme toutes les fautes qu'on peut commettre à la guerre, se rattachent ou s'éloignent de cette maxime. On s'en convaincra, en jetant un coup-d'oeil sur les rapports des principales combinaisons , 'avec l'application du système des masses dirigées aux points décisifs.

Dans les lignes d'opérations ^ deux ou trois parties isolées sur une dii^ection extérieure ^ égalant entre elles les forces d'une seule ligne ennemie ^ n'obtiendront pas de succès , si elles ne donnent simultanément sur cette masse ; attendu que l'ennemi mettra en action deux ou trois fois plus de monde que chacune de ces parties : ainsi deux lignes intérieures sont avantageuses j parce qu'elles

donnent la faculté de se conceiitrer à volonté et plus rapidement que l'ennemi; qu elles V accableront avec toutes leurs forces réunies. Les ligjies simples , dont les parties sont unies ^ et se soutiennent réciproquement y sont par la même raison les meilleures.

Sur les champs de bataille ^ les divisions isolées , les mouvemens trop étendus qui privent une armée d'une partie de ses forces j et mettent l'ennemi à même d'accabler le coiys principal ou le détachement; les lignes de bataille affaiblies par une trop grande extension ; les obstacles entrée les ailes ou les colonnes y qui empêchent leur réuTiionet donnent les moyens de les battre séparément : sont ^ par le même principe ^ des fautes gj^aves qu'il faut éviter.

En sens inverse, on peut dire des plus belles combinaisons, que leurs avantages dérivent de la même cause. Les ordres obliques, les attaques renforcées sur une aile , celles qui débordent un flanc; enfin les ordres perpendiculaires sur lextrémité d'une ligne de bataille , ou sur un centre morcelé et isolé, sont avantageux, et presque toujours couronnés de succès, parce qu ils présentent une ligne entière à une seule extrémité ou à une partie de ligne, par conséquent une masse plus considérable que celle de 1 ennemi.

Les bommes, qui veulent tout attribuer au génie , ou aubasard, citeront peut-être quelques.

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