CHAPITRE VIII
revenir ; elle protégea ensuite la retraite de Tarmée , qui s'effectua sans être inquiétée.
Les Prussiens, comme les vaincus le font ordinairement, ont cherché à voiler leur défaite en l'attribuant en grande partie à la famée des villages incendiés qui les empêchaient de distinguer les objets , et qui fit que la seconde ligne tira sur la première; ils auraient mieux fait d'avouer que la valeur opiniâtre des troupes russes triompha des efforts de l'armée prussienne.
Les Russes évaluèrent leur perte à 800 tués et 4,260 blessés. Les généraux Lapuchin,Sybin, Kapenist étaient au nombre des premiers , et les généraux Liewen , Tolstoi, Bosquet, Villebois, Manteufel , Weiman , Plemanikow , parmi les des derniers. Ils estimèrent celle des Prussiens à 3 mille tués , blessés ou prisonniers.
Le maréchal Lehwald se retira à Wehlau ; son adversaire resta dans son camp jusqu'au 6 septembre , et fit ensuite quelques démonstrations pour tenter le passage de l'Aile à Friedland, contre la droite des Prussiens; mais elles furent sans succès. L'armée russe se mit alors en marche le 11, et évacua entièrement la Prusse , à l'exception de Mémel; sans qu'on en pût pénétrer le motif: le résultat de sa courte campagne, et celui des opérations des Français, ferait croire que ces deux puissances étaient entrées dans la
3l8 TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES.
coalition , plutôt pour sauver Frédéric que pour hâter sa ruine.
Les Suédois firent encore moins que ces deux alliés. *Le général Ungern passa la Peene à la tête de 17 mille hommes , s'empara de Demmin, Anclam , des îles Usedom et Wollin, et pénétra dans laPoméranie prussienne, où il n'avait devant lui que la garnison de Stettin , forte de 2 à 3 mille hommes; mais Lehwald étant arrivé au secours de la place , les repoussa sous le canon de Stralsund avant la fin de décembre.
Observations sur la bataille de Jœgerndorf.
La discussion de Tempelliofrelative à la reconnaissance de la position des Russes , est à mon avis incompréhensible. Si leur armée occupait celle dont l'auteur a fait la description , il est certain que l'extrême gauche appuyait près de Sitterfeid , et la reconnaissance était juste; car on ne cherchait pos la gauche des troupes réglées , mais celle de la ligne. Or , cette extrémité 8e trouvant fort au-delà de Sitterfeid , il faut nécessairement qu'on ait pris le centre pour la gauche ^ ou que l'armée ait fait un mouvement pendant la nuit.
Quoi qu'il en soit , cette bataille offre une nouvelle preuve que l'instruction des troupes