CHAPITRE r
enfin qu'elle se trouvait trop éloignée pour s'opposer à l'outrée des Prussiens , ou pour arrêter leurs progrès. Si Brown avait donc été repoussé , il se serait rejeté sur le Danube , autant pour couvrir la capitale , que pour assurer ses communications avec les troupes quil attendait de Flandre, dltalie et de Hongrie.
Le roi trouvant ainsi la Bohême abandonnée , il eût été facile , pendant l'hiver , de réduire Prague et Olmutz , dépourvues d'approvisionaernens. Le général anglais à qui les entreprises les plus gigantesques ne paraissent que des jeux d'enfans lorsqu'elles peuvent donner du poids à ses jugemens, aÛiroie que la prise de ces deux places aurait mis les Prussiens en état de commencer la campagne suivante, au moins en Moravie, peutêtre même silr le Danube ; de faire le siège ou le blocus de Vienne , d'où ils aui -ûent pu , sans danger, envoyer un corps considérable sur les froniières de la îîongi ie , et enfin faire avancer dans 1 Empire , eoire les sources du Mein et le Danube , l'aruiée destinée à couvrir la Saxe. Le premier de ces corps eût coupé tous les secours que l'impératrice pouvait tirer de la Hongrie; et le second eût empêché les princes ennemis du roi de s rmir contre lui , encouragé ceux de son parti, contenu les Français en Alsace , et sur le Meirr , recruté ses armées , et levé les contributions nécessaires pom^ les entretenir.
8o TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.
Par ces deux opérations , le roi aurait coupe aii\ Autrichiens la communication avec la Flandre et la Hongrie , et même avec le Tyrol , si Tannée que 1 on supposait dans l'Empire eût détaché un gros corps de troupes pour occuper la ville et le château de Passau au confluent de rinn et du Danube. Ce poste, l'un des plusimportaus sur ce fleuve , intercepte toute communication entre Vienne et lEmpire , et tient en respect la Haute-Autriche ainsi que le Tyrol. Le peu de ressources qui serait resté à rimpératrice aurait été bientôt éj)uisé.
Le roi de Prusse , mnître de toutes les places sur l'Elbe , en laissant un petit corps peur observer le camp de Pirna , eut mis les Saxons dans l'impossibilité de rien entreprendre contre lui , car lors même qu'ils fussent parvenus à quitter leur camp, enfermés entre l'armée du roi et le corps resté en Saxe , il leur eût été difiicile de se porter vers la Bohême pour se joindre aux Autrichiens.
Entraîné par son imagination , l'auteur anglais croit que Frédéric pouvait exécuter ces grandes choses avec loo miile hommes, dont 20 mille eussent été plus que suffisans pour bloquer les Saxons dans leur camp de Pirna , puisqu il n'y en avait pas un plus grand nombre sous les ordres du prince Maurice lorsqu'ils furent obligés de capituler. Les 80 mille hommes reslans eus-